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Projections

 

Les théories économiques bien souvent se contredisent ou sont dépassées par une évolution imprévue. Prenons le modèle du déversement développé par Alfred Sauvy, il observe que «  les emplois agricoles se réduisent d'abord au profit de l'accroissement des effectifs industriels. Puis les effectifs industriels diminuent à leur tour pour se transférer vers des emplois tertiaires ». Mais aujourd'hui il apparaît que ce postulat doit être revisité, car ces mêmes emplois tertiaires disparaissent au profit de l'automatisation, du numérique, de l'intelligence artificielle.

Pour la même raison, s’estompe aussi le postulat de Ricardo et Marx selon lequel « la valeur d'un bien dépend de la quantité de travail direct et indirect nécessaire à sa fabrication». Et plus encore, alors que l’intelligence artificielle remplace l’homme de manière insidieuse, il serait excessif d’en attribuer un quelconque mérite personnel comme le ferait Sismondi dans sa proposition célèbre «le travailleur remplacé par une machine devrait obtenir, à vie, une rente sur la richesse que la machine créera dorénavant à sa place».

Fluctuant parmi ces théories, les décisions des politiques sont souvent surprenantes et on doit s’interroger sur ce que devrait être une politique cohérente face à la mutation. Les conservateurs continuent à prôner le travail et préserver les institutions sacrées en vigueur aujourd'hui, glorifiant ainsi cet aphorisme scandaleux de Keynes : «Pour lutter contre le chômage, il faudrait embaucher des chômeurs pour creuser des trous le matin, et les reboucher le soir», ultime sublimation de la valeur humaine.

Une autre attitude consiste à composer un modèle pilotant une société future. Partant de l’hypothèse, au départ absurde, d’une économie dont la production est totalement assurée par des robots et dans laquelle, par conséquent, l’emploi est nul, on pourrait en augurer les conséquences : Si l’emploi n’est plus la source de revenu, comment les besoins de la population vont-ils être satisfaits. La réponse implique la distribution systématique de moyens d’échange, monétaires ou autres. Par ailleurs, le budget national aura perdu son assiette de prélèvement.

Admettre un revenu sans travail, encore faut-il éviter l’imbroglio des solutions conditionnelles, compliquées, partiales et ubuesques. Considérons que seule une allocation universelle puisse jouer ce rôle impartial, engendrant alors un pouvoir d'achat collectif sur des biens auto générés. L’état central, n’ayant plus de ressources au départ du travail, doit alors rabattre sa fiscalité sur le revenu des personnes physiques, la TVA et le résultat des entreprises. Enfin que signifierait encore un PIB calé sur la production, alors que la consommation devient le seul moteur économique.

Mais, surtout, l’homme sans travail aura perdu ses repères. D'une part, l’allocation universelle pourra le protéger partiellement mais d’autre part, il verra remettre en cause la spirale sacrée du « travail égale revenu », et face à un emploi qui disparaît, comment réagira-t-il avec ses concepts de droits acquis, d’augmentation salariale à tous prix, va-t-il se satisfaire de sa condition du moment ou créer de la richesse, ou peut-être s’impliquer dans un contexte de gratuité. On pourra toujours résoudre les problèmes financiers, mais la réaction humaine, elle, n’est pas prévisible.

Il est évident que ce modèle « zéro emploi » est utopiste mais il faut partir d’une tendance probable, concevoir le modèle idéal, préparer les mentalités et les structures au-delà des credo capitaliste et collectiviste.

JMG

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Forecasts

Economic theories very often contradict or are overtaken by an unpredictable evolution. Take the spill model developed by Alfred Sauvy, he observes that "agricultural jobs are reduced first in favor of the increase in industrial staff. Then industrial workers in turn decrease to transfer to tertiary jobs".

But today it appears that this postulate must be rethought, because these same tertiary jobs are disappearing in favor of automation, digital technology, artificial intelligence.

For the same reason, the postulate of Ricardo and Marx also fades, according to which "the value of a good depends on the amount of direct and indirect work necessary for its manufacture". And even more, while artificial intelligence insidiously replaces man, it would be excessive to attribute any personal merit to him as Sismondi would do in his famous proposition "the worker replaced by a machine should obtain, for life, an annuity on the wealth that the machine will now create in his place”.

Fluctuating among these theories, politic decisions are often surprising and one must question what a coherent policy should be in the face of change. The Conservatives continue to advocate working and preserve the sacred institutions in force today, thus glorifying this scandalous aphorism of Keynes: "To fight unemployment, it would be necessary to hire the unemployed to dig holes in the morning, and to plug them in the evening ", the ultimate sublimation of human value.

Another attitude consists in composing a model piloting a future society. Starting from the hypothesis, initially absurd, of an economy whose production would be completely ensured by automation and in which, consequently, employment is zero, one could imagine the consequences. If employment is no longer the source of income, how will the needs of the population be met. The solution involves the systematic distribution of monetary or other means of exchange. In addition, national budget will have lost its tax base.

To admit an income without work. It is still necessary to avoid the imbroglio of conditional, complicated, biased and ubuesque solutions. Lets consider that only a universal income can play this impartial role, thus generating collective purchasing power over self-generated goods. The central state, having no more resources coming from work, must then focus its taxation on individual income, VAT and the benefit of companies. Eventually what would mean a GDP calibrated on production, while consumption becomes the only economic motor?.

But, above all, the jobless person will have lost his bearings. On the one hand, the universal income may partially protect him, but on the other hand, he will see the sacred spiral of “work = income” challenged, and facing a disappearing job, how will he react stubborn in his concepts of acquired rights and salary increase at all costs, will he be satisfied with his overhauled condition or create wealth, or perhaps get involved in a context of gratuitousness. We can always solve the financial problems, but the human reaction is not predictable.

It is obvious that this "zero job" model is utopia but it is necessary to start from this likely trend, to design the ideal model and to prepare mental attitude and structures beyond the capitalist and collectivist credos.

JMG

 

 

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