
J'ai pris le temps d'exprimer mon ressenti sur le monde qui m'entoure.
Je sais que mes conclusions ne sont pas orthodoxes par rapport à la bien-pensance.
Mais au moment où le monde bascule à cause d’un climat que nous avons détruit, au moment où des gens insensés occupent la place, au moment où les idées anciennes n'ont plus de sens, il faut réinventer.
Et c'est ce que j'ai essayé de faire.
SOMMAIRE
Préface
Composants
Philosophie croyances et religion
l’Homme
Emile les hommes entre eux
Panurge je suis donc je ne pense pas
Gus le syndicat
Narcisse miroir, mon beau miroir
Falbala la plus belle du village gaulois
Tartuffe cachez ce sein que je ne saurais voir
Attila L’iconoclaste
Marc Déviances
Gaia Respect de l’animal
Maurice L’homme révolté
Réflexions personnelles
Politique
International
Les Nations
Les élus
Les pressions extérieures
Le fonctionnement
Economie
Économie de marché
Croissance et PIB
Démographie
Justice
les hommes de loi
les jugements
le jury
La foule et les médias
les moyens
Conclusion
Préface
Notre traversée de ce monde est très brève et elle ne représente qu’un petit moment « dans l’histoire de l’humanité ». Ce bref épisode qu’est la vie mérite autre chose que de la gaspiller et, pour nous, de n’être que des témoins passifs. Personnellement, j’apporte une certaine attention à cette aventure et j’essaye de comprendre au moins ce qu’il nous est possible de comprendre.
Faut-il le faire comme une personnalité attirante qu’est Jean d'Ormesson et sa formule
" Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu'il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d'où elle pourrait bien venir s'il n'y avait pas de Dieu".
Faut-il le faire à la manière plus rigoureuse d’André Comte-Sponville
"L'homme étant capable de vérité, il est indigne de lui de prendre son désir pour une vérité .. Abolir le savoir pour faire place à la croyance, comme dit Kant, ce serait une faute contre la vérité, ou plutôt contre l'esprit en tant qu'il est capable de vérité…" Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Telle est la devise des Lumières ».
Nos connaissances progressent mais nous resterons longtemps encore sans avoir tout élucidé.
Une évidence : plantes, animaux, homme sont un jour apparus sur une planète accueillante.
J-P Longchamp, "L'existence de l'homme, au sein de l'univers a quelque chose de quasi miraculeux: ...il fallait une terre à bonne distance d'une étoile : ni trop chaude, ni trop froide, il fallait que cette planète se recouvre d'eau liquide... Les mécanismes physiques de l'univers semblent avoir été réglés avec une précision phénoménale dès l'origine.
Certains scientifiques, à la suite de B. Carter, en 1975, ont parlé à ce propos du principe anthropique.. Ce principe veut donc expliquer que l'univers est tel qu'il est parce que l'homme existe ... à l'opposé, d'autres comme J. Monod, estiment que l'homme a émergé par hasard dans un univers qui lui est indifférent".
Et l’homme dans tout cela ? Comme pour la langue d’Esope, ll s’est trouvé la meilleure et la pire des choses.
La meilleur quand il a pu découvrir plein de choses : la roue, la médecine , la science, le numérique.
Le pire c’est la lente destruction de sa mère, la terre, par des comportements insensés, c’est son instinct de domination, la guerre, la soumission de l’autre et même de son frère (on peut citer Cain et Abel, Romulus et Remus), au sein d’une famille, d’un parti.
Comment comprendre cet imbroglio ?
Au cours de son évolution, on l’a rencontré religieux, adorant les idoles, les dieux du Parnasse, l’homme venu de dieu, des monarchies divines cohabitant avec la prédominance de l’église assujettissant les peuples par l’Inquisition.
Mais il y a eu des éveils à la liberté, lorsque les Grecs ont essayé la démocratie, des révolutions et surtout celle de 1789 qui ont voulu l’imposer brutalement.
Et à travers des prises de conscience, des montages politiques plus ou moins heureux ou stupides, des démocraties essayent des recettes.
Philosophie, croyances et religions
Quelques idées m’ont marqué au cours de vagabondages philosophiques et je voudrais les mettre en évidence. Survoler les idées de grands penseurs permet parfois d’affiner son jugement.
Je voudrais donc philosopher et conclure avec Comte-Sponville
« N'importe qui peut faire des mathématiques à votre place (puisque par hypothèse, il trouvera, s'il trouve, le même résultat auquel vous pourriez parvenir) et c'est pourquoi sauf goût particulier ou nécessité de gagner votre vie, vous n'avez aucune raison de faire des mathématiques vous-même. Au contraire, personne ne peut philosopher à votre place : ce que je pourrais avoir trouvé, et quand bien même cela me satisferait totalement, ..., rien ne prouve que cela vaille pour vous ».
« Toute notre dignité consiste dans la pensée » disait Pascal, conforté par d'autres philosophes et la question principale est celle de notre origine et de notre fin. À nous de nous faire une opinion personnelle.
(Leibniz) « Je crois que presque tous les moyens qu'on a employé pour prouver l'existence de Dieu sont bons et pourraient servir si on les perfectionnait ».
Quelques idées me paraissent des points-clés et je les évoque sans entrer dans de grandes analyses.
"L'athéisme est aussi incertain que la religion" (Kant).
« La foi sauve, disait Nietzsche, donc elle ment ».
D’un professeur à l’ULB "Si elle parvient à proposer une hypothèse même invraisemblable qui sauve les hommes, toute théologie a des chances d'être accueillie favorablement. Pour cela, elle doit se rendre crédible, D'où elle s'ingénie à créer des hypothèses des plus sophistiquées par exemple: vous aurez une chance de survie si vous vous êtes bien conduits».
La conception des croyants est que Dieu a choisi et élu l'homme et je relève dans un article de J-P Longchamp,
"L'existence de l'homme, au sein de l'univers a quelque chose de quasi miraculeux: ...il fallait une terre à bonne distance d'une étoile : ni trop chaude, ni trop froide, il fallait que cette planète se recouvre d'eau liquide... Les mécanismes physiques de l'univers semblent avoir été réglés avec une précision phénoménale dès l'origine.
Certains scientifiques, à la suite de B. Carter, en 1975, ont parlé à ce propos du principe anthropique.. Ce principe veut donc expliquer que l'univers est tel qu'il est parce que l'homme existe ... à l'opposé, d'autres comme J. Monod, estiment que l'homme a émergé par hasard dans un univers qui lui est indifférent".
L’homme s’est inquiété de son origine et il a créé le plus ancien des documents qu’est la bible. Celle-ci a catégorisé la création par jours symboliques, ce qui voudrait ainsi établir une hiérarchie entre les créatures.
Plus loin il est question de péché originel qui expliquerait la brutalité du monde. Je déduirais, pour ma part, que, ne pouvant expliquer beaucoup de choses, les auteurs trouvent là une échappée pour s’en sortir.
Ailleurs, dans notre civilisation, les idées d’Aristote ont freiné la connaissance,
« Aristote est dit-on le plus grand philosophe de l'Antiquité. C'est le créateur de la logique c'est le créateur de la méthode scientifique qui combine observation et abstraction, des sciences naturelles aussi. c'est l'inventeur de la métaphysique.
Or, Il s'est trompé sur à peu près tout et a causé des dégâts considérables. Lucide sur les méthodes, il s'avéra incapable de les appliquer correctement. La physique d'Aristote est réellement une pseudo-science dont il n'est pas sorti en 2000 ans une seule découverte, une seule invention une seule idées neuve. Jugement sévère mais hélas vrai. » (Claude Allègre),
L'homme s’est d’abord gorgé des croyances qui l’ont conduit à des sacrifices humains, à la Pythie et ses oracles, à des voyances qui se sont perpétuées. Ces croyances ont fait émerger des institutions comme l'Inquisition. On a brûlé de pauvres sorcières et Jeanne d’Arc.
Le chanoine Schoonjans, mon excellent professeur d'histoire avait coutume d'évoquer cette anecdote qui se passait au Moyen-Âge et qui montre jusqu’où la croyance peut mener.
On avait découvert un bloc de pierre sur lequel figurait ces lettres "S VIAR". Il fut reporté aux autorités religieuses qui ne tardèrent pas à en déduire qu'il s'agissait de la tombe d'un saint.
On voue alors des dévotions à ce saint, on lui crée une chapelle et on lui attribue des miracles. La dévotion s'amplifie à tel point qu'on décide de poursuivre les recherches archéologiques.
Et effectivement, on trouve deux autres blocs de pierre qui s'emboîtent parfaitement aux extrémités de la première et on peut alors reconstituer le texte complet lisible sur le socle soit "PRAEFECTUS VIARUM".
C'était tout simplement une borne kilométrique romaine.
Toute cette chape a détruit la liberté de penser et les croyances ont asservi l’homme.
Puis, comme une vague de fond, les idées ont germé, celles de Copernic, de Galilée, de Darwin, Newton et Einstein pour ne citer qu’eux.
Ce fut le siècle des Lumières. Cette lumière parfois ternie par la force brutale comme lors de la révolution de 1789 mais qui nous aura permis de déclarer avec Mirabeau
« la lumière vers nous pas à pas s’achemine ».
Aujourd'hui enfin, l’homme accepte les remises en cause les plus pointues.
La dialectique de Comte-Sponville consiste à expliquer que la souffrance précède l'éventuelle faute humaine,
"les bêtes souffrent aussi et depuis plus longtemps que nous pour que la croyance en un Dieu bon et créateur soit moralement supportable. La chose fut masquée longtemps par l'anthropocentrisme, qui rendait l'idée de faute originelle plausible, d'où était censé découler tout le mal ... Mais nous savons maintenant que l'atrocité nous précède, et cela, sans nous innocenter nous excuse. Il faut que nous naissions coupables, disait Pascal ou Dieu serait injuste. Nous savons maintenant que Dieu fut injuste avant que nous ne fussions coupables, et c'est de quoi, - bien avant l'apparition de l'homme - des milliards de cadavres, s'ils avaient la parole, pourraient témoigner."
Mais une controverse vient de Leibniz
« Un être pensant peut-il venir d'un être non pensant et privé de tout sentiment et connaissance telle que pourrait être la matière. Il est assez manifeste qu'une partie de la matière est incapable de rien produire par elle-même et de se donner du mouvement. Il faut donc que son mouvement soit éternel ou qu'il soit imprimé par un être plus puissant ».
Pour Spinoza, c’est une autre approche morale : Dieu est d'une autre essence, il ne juge pas l’action de l’homme.
" C'est se faire une conception anthropomorphique de Dieu que de le considérer comme législateur et juge. Si l'on veut absolument garder la notion de loi divine, il convient de désigner par ce mot la règle de vie qui découle nécessairement de la connaissance et de l'amour de Dieu, de la jouissance de l'Etre, grâce à une prise de conscience de notre vraie place dans l'univers."
"Lorsqu'elle dit que Dieu s'irrite contre les pécheurs, qu'il est le juge qui connaît les actions humaines, statue et sanctionne à leur propos, l'Ecriture parle sous une forme humaine et selon les opinions reçues parmi la foule, puisque son dessein n'est pas d'enseigner la philosophie, mais de rendre les hommes non pas savants mais obéissants".
Et pourtant, Comte-Sponville répertorie Spinoza comme athée (problème de l'au-delà (amour solitude)).
"Quand Spinoza écrit "par réalité et par perfection j'entends la même chose" il indique par-là que rien n'a de sens, rien, ni Dieu ni monde, autrement dit que la vérité suffit à tout, et se suffit, puisqu'il n'y a rien d'autre. L'immanence c'est cela : tout est là, il n'y a rien d'autre à chercher que tout, où nous sommes déjà. On ne peut trouver Dieu qu'en Dieu ou la vérité qu'en vérité. C'est pourquoi, "plus nous connaissons de choses singulières, plus nous connaissons Dieu" Dieu n'est pas derrière les choses, ni au-delà, comme leur sens ou leur secret; il est ces choses mêmes, toutes ces choses, tout ce qui arrive ("la nature" dit Spinoza), et c'est pourquoi il n'y a pas de Dieu, ni de sens. Il n'y a que la vérité : il n'y a que tout.
Aujourd'hui, les neurosciences viennent encore ajouter à la complexité en affirmant qu’il faut renoncer à la dualité corps-esprit.
Les progrès récents en neurosciences cognitives nous suggèrent que le concept de liberté, tel que nous le vivons, n'existe pas véritablement: chaque état mental - l'intégralité de ce qui se passe dans notre esprit - trouve son origine dans l'activité biologique du cerveau.
Il y a donc une forme de déterminisme neuronal qui voudrait que tout ce que nous éprouvons, y compris notre propre volonté, soit réductible à l'activité du cerveau laissant ainsi peu de place au libre arbitre.
Un premier élément de réponse est fourni par le constat qu'il faut renoncer à la dualité corps-esprit y compris dans le discours courant : L'esprit dans cette perspective et une manifestation de l'activité biologique du cerveau et non pas une entité distincte.
Nous sommes libres sans pour autant être capable de faire autrement - un paradoxe dont l'exploration des contours constitue aujourd'hui un enjeu fondamental. (A. Cleeremans).
De Sénèque
"tout ce qui arrivera plus tard est du domaine de l'incertain : vis dès maintenant".
Mais j’ajouterai : en ayant au moins essayé de comprendre.
l’Homme
Je voudrais exprimer comment je ressens le comportement de l'homme en le caricaturant par quelques archétypes.
Emile (Durkheim)
les hommes entre eux
A l’époque, la guerre a coupé la population en deux, il y avait ceux qui ont résisté, accepté de se donner à la patrie, prendre des risques, accepter des choses horribles comme assassiner des traîtres qui dénonçaient, saboter les infrastructures ennemies et de l'autre côté les collaborateurs prêts à vous dénoncer à l'ennemi.
1944. Je me souviens d'avoir vu la préparation d'une mission. Une jeune dame devait divertir un traître le long du canal dans le crépuscule. Deux des résistants (disons Max et Richard) devaient les suivre et tuer le traître. Après avoir perpétré cette action, ils sont revenus chez nous et y sont restés cachés pendant trois jours:
J’ai entendu certaines bribes de leur histoire: l'arme utilisée pour l’exécution s’est enrayée et ils ont dû utiliser un gourdin pour achever le traître. Ces hommes n'étaient pas professionnels et ils ont été ébranlés par cette action. Je me souviens qu'ils devaient s’enivrer pour se calmer.
Aujourd'hui, quels sont les hommes prêts à se donner comme l’ont fait les liquidateurs de Fukushima ou Tchernobyl ou encore les pompiers qui risquent leur vie à chaque intervention ?
Cela me ramène à une autre caricature.
Celle de deux groupes d’hommes en salopette rouge, l’un composé de grévistes parce que leur prime serait insuffisante et l’autre, les liquidateurs de Fukushima
Je n’ai pas pu m’empêcher de superposer les deux photos : les fréquentes manifestations en Belgique et les liquidateurs Japonais. Cela me pousse à épingler deux phrases extrêmes :
« si nous n’obtenons pas notre prime, je ne saurai plus aller en vacances aussi loin »
et à Fukushima « Nous savons que nous y resterons, mais le pays l’exige ».
Mais tout ne se retrouve pas dans ces extrêmes. Heureusement !
L’homme est-il réellement égoïste ? D’après un sociologue, il restera à jamais insatisfait.
« Ce qu'il faut pour que l'ordre social règne, c'est que la généralité des hommes se contentent de leur sort. Mais ce qu'il faut pour qu'ils s'en contentent, ce n'est pas qu'ils aient plus ou moins, c'est qu'ils soient convaincus qu'ils n'ont pas le droit d'avoir plus. Et pour cela, il faut de toute nécessité qu'il y ait une autorité dont ils connaissent la supériorité, et qui dise le droit.
Car jamais l'individu abandonné à la seule pression de ses besoins n'admettra qu'il est arrivé à la limite extrême de ses droits » (Emile Durkheim 1858).
Je suis toujours déconcerté par le règne de l'argent dans un univers où chaque individu veut un profit pour tout acte qu’il accomplit, aussi anodin soit-il.
Cette attitude pourrait être expliquée par un enchaînement pernicieux qui associe la survie à l'argent et l'argent au travail.
Et cela a dévié progressivement à travers l’histoire. La manière d'échanger a suggéré l'économie de marché, l'économie de marché a imposé le capitalisme.
Ailleurs s’est construit un autre système, le communisme et ses servitudes.
Ce qui est navrant c'est de voir les gens s'accrocher à la moindre opportunité de récupérer, de grignoter la moindre petite chose. Si à cause d’éventements extraordinaires, un avion a un retard, ils s'empressent de courir après une indemnisation la plus insignifiante soit-elle mais qui multipliées par le nombre de passagers est catastrophique pour la compagnie. Alors, tout aussitôt, des intermédiaires bien intentionnés s'infiltrent pour assurer le rôle d'avocat et grappiller leur commission. Triste monde.
Doit-on généraliser ? Certainement pas mais on peut expliquer. On a créé un monde bâti sur la relation à l’argent qu’il faut gagner par une subordination à l’autre, qu’il soit patron ou état, quelle que soit la raison, quel que soit le cadre, celui de Germinal ou de Byzance.
Panurge Je suis donc je ne pense pas
il avait jeté un mouton par dessus bord, afin que le reste du troupeau se jette à sa suite
C’est imiter sans se poser de questions, c’est suivre machinalement ce que fait le plus grand nombre et se fondre dans dans un moule ou dans un mouvement collectif sans exercer son esprit critique, ni seulement faire preuve de l'intelligence qu'on peut espérer d'un être humain. c’est la soumission à l’ordre établi, le suivisme caricaturé par quelques exemples.
JP Sartre l’a décrit dans sa représentation du garçon de café qui a endossé le costume de l’emploi
Toute sa conduite nous semble un jeu [...]. Il joue, il s’amuse. Mais à quoi joue-t-il ? Il ne faut pas l’observer longtemps pour s’en rendre compte : il joue à être garçon de café. » (JP Sartre)
On l’aura compris : ce bonhomme en fait trop, il « en rajoute ». Son comportement est redondant. Il cherche à se persuader lui-même qu’il se confond si parfaitement avec sa fonction qu’il est sa fonction.
Or il n’est pas, par essence, garçon de café. En fait, son essence lui échappe. Il ne peut avoir conscience que de son existence, ce surgissement contingent et aléatoire dans le monde des vivants.
Dans le monde de l’entreprise, on en vient maintenant à vilipender cette posture, mais surtout l’homme enterre sa quintessence.
Connaissez-vous plus belle illustration que cette blague idiote de la phrase la plus dangereuse que l’on puisse prononcer à notre époque ? "On a toujours fait comme ça !" Entendue chaque jour dans des milliers d’entreprises à chaque fois qu’émerge une idée nouvelle ou une approche disruptive, cette habitude doit être combattue sans relâche.
Croire que le simple fait "d’avoir toujours fait comme ça" nous dispense d’explorer de nouvelles voies est en effet devenu tout simplement suicidaire.
Mais pire encore au cours des scrutins de tous niveaux, combien de fois a-t-on entendu
« on a toujours voté comme çà »
cette désaffection enterre toute forme de démocratie réfléchie.
Mais cette réaction est compréhensible. Quelle est en effet l'information transmise à l'électeur en ce qui concerne les objectifs réalistes qu’un parti peu proposer, au-delà de l’utopie et de la critique de l’autre.
Lorsque j'ai assuré la conduite locale d’un mouvement politique, ma principale préoccupation avait été de diffuser le plus largement possible tout ce qui touchait à nos idées.
Pour la même raison j'avais aussi invité des conférenciers pour expliquer des théories que je considérais comme fondamentales.
Gus (un ancien syndicaliste renommé)
Les Syndicats
Les syndicats qui hier ont joué un rôle admirable dans la défense des travailleurs jouent aujourd'hui un rôle moins noble par une opposition systématique au patronat au lieu de collaborer comme en Suisse.
Pour ce qui est du syndicalisme, il constitue un cas spécifique en Europe. L’USS (Union des Syndicats Suisses), créée en 1880, a opté pour l’action réformiste, le communisme ayant été repoussé au lendemain de la première guerre mondiale. Ce syndicat qui est dominant a opté pour la recherche d’une convergence d’intérêts avec les employeurs.
Ils veulent confisquer le domaine social par des méthodes parfois mensongères.
On semble dire que l’avancée sociale est le seul fait de cette lutte agressive et tout ce qui ne vient pas de cela est rejeté voyons par ex la création en octobre 1945 de la sécurité sociale par C de Gaulle est contestée par le syndicat car ne vient pas de la lutte sociale
« Quand je l'ai créée, s'est-il souvenu, j'avais les syndicats contre moi. Fidèles à leur tactique de lutte des classes, ils refusaient ce qui était octroyé et non pas arraché. Ils craignaient en outre de perdre le monopole des assurances sociales et des mutuelles catégorielles.
Le système ne devait être qu'un premier pas en faveur d'une population trop fruste économiquement pour comprendre que chacun doit cotiser contre la maladie et le chômage et pour sa retraite. » (C.de Gaulle ).
Quand il est parti, les syndicats se sont approprié la Sécurité sociale et l'ont noyautée. Il n'était plus là pour rappeler aux Français qu'ils la lui devaient.
Mais des partis aussi prônent la haine de l’autre.
Le ... a pour but d’organiser, sur le terrain de la lutte des classes, toutes les forces ..., sans distinction de race, de sexe, de langue, de nationalité, de croyance religieuse ou philosophique, afin de conquérir le pouvoir pour réaliser l’émancipation intégrale des travailleurs.
Narcisse miroir, mon beau miroir
paraître
Il y a cette volonté ostentatoire alors que, tel un paon, l'homme veut parader, c'est à qui partira en vacances au plus loin, aura la voiture la plus criarde, raffinera sa maison pour l'égaler à un palais, obtiendra le titre social le plus ronflant.
Et plus le niveau de vie permettra ces choses, plus l'impact sur la planète sera important.
On constate une corrélation parfaite entre les émissions et la croissance mondiale ou régionale, valable à la hausse comme à la baisse.
Pendant les « Trente Glorieuses », épisode de très forte croissance économique, les émissions ont triplé, A l’inverse, les émissions mondiales ont baissé en 1929 (grande dépression ; le PIB mondial s’est contracté de 20% environ), pendant la 2è Guerre Mondiale, et après les 3 crises économiques importantes de 1974 et 1979 (2 chocs pétroliers), et 1990 (guerre en Irak).
Les émissions de l’Europe de l’Est (Eastern Europe) ont spectaculairement baissé (de -30 à -50% selon les pays) après la chute du Mur de Berlin (1989) et la récession majeure qui a pris place dans ces pays. (JM Jancovici)
Non seulement l'homme s'éloigne de l'éthique planétaire, mais surtout il perd le sens des valeurs, celle de la solidarité, celle de participer à instaurer une égalité citoyenne.
Falbala
la plus belle du village gaulois
De l’importance de présenter les données informatiques d’une manière conviviale avec goût mais pas de manière pléthorique.
Cela se passait dans une entreprise du secteur chimique. Au cours de la mise au point d'un programme, et bien avant de m'attarder à la présentation finale, j'avais une priorité qui était de contrôler les résultats d’un algorithme de l'application.
Je les avais imprimés sous forme de quelques lignes très succinctes et je les avais présentés à l’ingénieur en charge de l'utilisation. Et quelle ne fut pas sa première préoccupation de savoir si la présentation définitive resterait celle-la.
Je l’ai bien sûr rassuré mais j'avais cru avoir une autre réaction de la part d'un scientifique.
Aujourd'hui la majorité des applications sont présentées de manière fonctionnelle. Mais paradoxalement, on assiste maintenant à des présentations débordantes de futilités de telle sorte que, à l'inverse d’un résultat fonctionnel, il est parfois difficile de trouver rapidement la donnée qui nous intéresse.
C’est le syndrome des publicités qui hantent maintenant nos vies et nous abêtissent.
Tartuffe cachez ce sein que je ne saurais voir
la stigmatisation de l’autre
Depuis quelques décennies la société a fixé des tabous. Ils protègent effectivement des groupes de population sensibles et constituent une avancée humaniste.
Mais comme dans tout domaine, l'excès nuit et on revient au puritanisme.
Tintin au Congo est mis à l'index parce qu'il serait raciste, alors qu’on oublie le contexte historique de cette merveilleuse BD.
Père Fouettard, l’auxiliaire de Saint-Nicolas le serait de la même manière alors qu'il est apparemment recouvert de suie.
Jusqu'où ira le puritanisme? Depuis le début des compétitions de football, des supporters exubérants lancent des mots parfois très colorés.
Lors de séances récentes au Parlement français on s'est interrogé pour savoir si les termes utilisés avaient ou non un caractère homophobe et dans ce cas instruction aurait été donnée à l'arbitre d'interrompre le match.
Va t-on bientôt éditer un dictionnaire couvert par l'index?
Dans nos pays les concepts ont justement évolué. Les droits de l'homme sont devenus la norme à respecter. Mais où est le juste milieu.
Dans beaucoup de cas, l’exagération ressemble à de la tartufferie.
On n’a plus aucune liberté. Rappelez-vous des années 1970-1980. On fumait, on faisait l’amour, on roulait vite, on pouvait boire, le théâtre marchait, les affaires marchaient…" (Michel Sardou).
C'est exprimé avec les mots et la truculence de l'artiste. Il faut modérer, l'exprimer plus pudiquement mais j'approuve le constat et je voudrais remonter le temps encore plus loin.
En ce temps-là des chansons avec du sens, comparé à des sonorités dissonantes que l'on subit aujourd'hui.
Je revois les images d' une époque où les gens s'habillaient élégamment alors qu'aujourd'hui la tendance est au jeans troué.
Il y avait le respect dans les lieux publics et à l'école où les maîtres enseignaient dans le calme.
La publicité effrénée n'avait pas encore envahi la vie privée.
Il n'y avait pas encore ces lois surabondantes qui nous envahissent, généré par des parlements multiples, qui essayent de prouver une activité parfois futile et déclenchée par l'émotivité du moment. Avec un comble de l’absurdité quand un gouvernement en attaque un autre en justice pour obtenir des indemnités.
La presse à scandale démolit aujourd’hui ses cibles, surtout des personnalités, juste avant leur candidature à un poste important, ou bien longtemps après un délit presque oublié et toléré à leur époque. Cela relayé par la justice.
Des anciens délits sont condamnés par de nouveaux juges
(E Dupond-Moretti)
Dans le domaine de la bien-pensance, il faut éviter aujourd'hui les plaisanteries dangereuses souvent épinglées racistes ou xénophobes.
Ce siècle a disparu avec une certaine nostalgie.
Attila l’iconoclaste
il est celui après le passage duquel l’herbe ne repousse pas
Au niveau du monde, l'homme s'est trouvé le prédateur de la planète. À cause de la démographie galopante, à cause de ses guerres, à cause de son incurie, à cause de son mode de vie il a épuisé les ressources pétrolières et pollué, il a déboisé à outrance à telle enseigne que j'ai pu vivre cette situation paradoxale et assez humoristique au cours d'une marche.
On apprenait à l'école primaire qu’au Moyen-Âge les moines déboisaient pour permettre l’essor de l’agriculture.
Beaucoup plus tard, en randonnant par hasard le long d’une abbaye, j'ai eu la surprise de voir un panneau qui annonçait « ici les moines reboisent ».
Amusant.
Ce qui était un bienfait au Moyen-Âge était devenu une hérésie destructrice quelques siècles plus tard.
Mais ce non-respect de l’existant on l’observe également dans différentes circonstances. Comme le respect du patrimoine ancien. Il y a quelques semaines pour permettre une exploitation plus industrielle d’une voie d’eau, ils n'ont pas hésité à détruire un pont millénaire, fierté de la ville.
« Parce qu’un Tournaisien vit sa ville dans les joies et dans les peines, je suis au pied de notre Pont des Trous depuis le lever du jour pour voir comment des pisse-froid institutionnels s’attaquent à un monument classé sans procédure patrimoniale préalable, sous l’œil glauque de petits potentats locaux. Prima facie, je n’aperçois évidemment aucune pierre numérotée. Doit-on s’en étonner?
Dans tout ce dossier, en outre, aucune parole d’empathie n’a été adressée à la population qui, elle, exprime depuis longtemps, formidablement lors d’une consultation populaire, son amour pour ses racines, son identité, son histoire. » (MC Marghem).
L’histoire regorge d’exemples, comme aujourd'hui alors que le poumon vert que représente la foret d’Amazonie part en fumée, victime de méthode barbares.
Aujourd'hui réveillé par des mouvements de jeunes et surtout par les catastrophes qui se succèdent de plus en plus, il y a une certaine prise de conscience de la destruction de la planète.
Encore faut-il qu'il se sente concerné et réagisse en tempérant ses fantaisies stupides comme le tourisme de masse.
Rigoletto (comme la plume au vent)
De la superficialité des relations humaines
Ce qui parait insurmontable est de faire passer une idée, même si cette idée est argumentée, même s’il s’agit d'un projet concret, architecturé et qui montre une réelle avancée sociale.
J'ai vécu cette situation lorsque j'ai voulu faire passer le concept de l’AU en prolongeant l'idée de GénérationLibre.
D'abord certaines autorités ont eu la gentillesse et la courtoisie de lire mes notes, mais ont porté la controverse au départ d’idées figées dans leur doctrine. D'autres n'ont pas pris la peine de répondre. D'autres enfin ont accusé réception mais sans aborder le fond.
L’intérêt à l'idée de l'autre est absente bien souvent et l’interlocuteur reste prisonnier convictions préconçues. Ce qui prévaut, c’est le bien pensant, c’est de faire comme tout le monde où le bagout prévaut et où on se satisfait d’arguments fades.
« Non les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux » (G Brassens)
L'homme est emprisonné dans ses habitudes, de l'environnement existant et il n'arrive pas à se couper de ses fondements.
Il est enrobé de slogans, de publicité, de futilités et faire percer une notion telle que le danger pour la planète, la misère de l'autre est une tâche extrêmement ardue.
Tout cela m’a fort perturbé et cela continue à me perturber très fort mais je n’ai jamais eu mon mot à dire. M. Di Rupo n’a jamais demandé mon avis. Les politiques ne consultent pas les scientifiques. Je comprends qu’aujourd’hui on ne consulte pas un vieillard de 95 ans, mais enfin, il y a 30 ans, quand j’étais lucide et vivant, on ne me consultait pas.(c de Duve – prix Nobel 1974)
Marc
Déviances - casseurs – terroristes – prédominance
La guerre nous avait meurtri puis vint la Libération et les ouvriers de la onzième heure et leur dérives. On vit se constituer des milices, de courageux vengeurs qui tondaient les femmes coupables d'un amour hors normes avec l'occupant ou, ailleurs, ceux-là qui assassinaient.
Qu'ont-ils fait alors que leur pays était en danger, mais surtout quelle était cette de brutalité qui sommeillait en eux.
Cet esprit-là fait-il partie de chacun d'entre nous ou s'agit-il d’une déviance qui pollue certains êtres.
Il y a des cas extrêmes, des tueurs, des bourreaux d'enfant, il y a des comportement brutaux.
Certains auraient même un profil physique particulier décrit par Cesare et Gina Lombroso comme des criminels-type.
Il y a ceux façonnés par la misère comme celle de Germinal.
Et puis il y a ceux qui veulent posséder en usant de tous les moyens semi légaux ou frauduleux.
Il y en a dont les penchants se réveillent à la moindre occasion et puis les autres, les bourreaux qui veulent trouver excuse parce que leur hiérarchie les a obligés à l’infamie comme les criminels jugés à Nuremberg.
Et dans ces dernières circonstances, la neuroscience explique que tant le donneur d’ordre que l’exécutant se voudraient innocentés.
Lorsque l'individu obéit, il délègue sa responsabilité à l'autorité et passe dans l'état que Stanley Milgram appelle « agentique ». L'individu n'est plus autonome, c'est un « agent exécutif d'une volonté étrangère »
Milgram expliquera aussi par la suite que le comportement de la plupart des Allemands (et collaborateurs) sous l’Allemagne nazie étaient assimilables à ceux de cette expérience. En effet, ils suivaient les ordres d'une autorité qu'ils respectaient et étaient un des multiples « maillons » de la chaîne de l'extermination des Juifs.
Un conducteur de train était ainsi « déresponsabilisé » de son travail, tout comme le gardien du camp, etc. et pouvait ainsi attribuer la responsabilité de ses actes à une autorité supérieure. (Wiki).
Comment les déviances se sont-elles installées dans le comportement de certains individus.
On peut écouter les psychologues qui, dans leur jargon ésotérique, vont essayer de découvrir un facteur déclenchant : L'environnement familial, l'influence des autres.
Mais cela reste à la fin le résultat d’un comportement individuel.
(Dirk Draulans- Knack). La génétique pèse plus lourd dans l'avenir d'un enfant que l'éducation. Les parents et les enseignants peuvent faire de leur mieux pour adapter le comportement de l'enfant, mais il est inutile de tenter de changer sa personnalité.
Oui, (les parents) ils peuvent faciliter la vie de leurs enfants et orienter leur comportement dans la bonne direction, mais ils ne peuvent rien changer à la personnalité de leurs enfants.
Si leurs enfants grandissaient avec d'autres parents, il y a de fortes chances qu'ils deviennent plus ou moins les mêmes personnes.
Se complaire dans un groupe de casseurs, rester inactif, se droguer est bien une décision personnelle mais qui s'explique aussi parce qu'à la base l'éducation a fait défaut.
Toutes les expériences que nous vivons s’inscrivent dans la biologie de notre cerveau.(Axel Cleermans)
Et l’on peut fustiger certains éléments qui ont pu manquer à une formation saine de l’individu comme par exemple une école bousculée par des concept farfelus d'égalité des chances, bourrée de contraintes administratives, et qui n'a pu remplir son rôle.
L'abandon du service militaire en est une autre cause. Si cette formation était fastidieuse, elle avait au moins permis une certaine discipline. Le fait de se mettre au service de la communauté suggérait une certaine éthique. Le fait de faire face à certaines difficultés permettait de susciter un sursaut de courage.
Pourquoi l'a-t-on abandonné? À nouveau pour une question budgétaire mais tant la défense de la nation que la formation de la jeunesse auraient imposé de voir les choses autrement,
Gaia
Le respect vis-à-vis de l’animal
Prôner l’égalité des êtres, par exemple entre l’homme et l’animal me paraît correct et je trouve odieux de tolérer la corrida, le sacrifice de moutons sans étourdissement, l’abandon de chiens « pour cause de vacances ».
L'empathie vis-à-vis de l’animal je l'ai éprouvée pour la première fois pendant la guerre. J'avais 10 ans seulement et ma maison était devenue un noyau de la Résistance. Ce jour-là, j'étais chargé de transmettre un pli chez un des membres du réseau qui était directeur d'un abattoir. Arrivé à son bureau, Il a ouvert le courrier et a paru très bouleversé.
Quand j’ai quitté son bureau par l’arrière, il y avait, au fond de la cour de l’abattoir, une vache tenue en laisse par un homme, un autre ajustait une pioche qu’il a assénée entre les deux yeux de l’animal. La vache s’est effondrée comme une masse et j'ai ressenti un intense émoi dont je me rappelle encore aujourd'hui .
L'homme a pratiqué l'élevage intensif, ce sont les fermes gigantesques dans lesquelles les bêtes se meurent par manque l'espace, ce sont les abattoirs où le boucher se défoule sur les animaux, c'est la destruction des espèces en péril, c'est l'abandon des animaux de compagnie lorsqu'on « part en vacances ». L'homme est parfois odieux.
Тот самый момент когда в целом мире нет никого рядом с тобой, никого кто бы спас тебя , никого кто бы защитил, никого кто бы жалел.
И для тебя всё потеряно. Навсегда потеряно.
Ты не сделал ничего плохого, ты не хотел такой жизни и ты не хотел такой смерти.
Всё потеряно.
La solitude.
Ce moment même où il n'y a personne à côté de toi dans le monde entier, personne qui te sauvera, personne qui ne protégerait, personne qui ne le regrettera.
Et tout est perdu pour toi. Irrémédiablement perdu. Tu n'as rien fait de mal, tu ne voulais pas une telle vie et tu ne voulais pas cette mort.
Tout est perdu.
Il y a aujourd'hui une prise de conscience, mais elle est loin d’être généralisée.
On observe enfin des sursauts, des bénévoles qui réagissent, des mouvements d’empathie qui se créent.
L'homme s'intéresse à la quintessence de l'animal. Il prend conscience de la destruction de la planète provoquée par ses fantaisies stupides comme le tourisme de masse. Mais on est bien loin du compte.
Les corridas subsistent, justifiées par la tradition et avec l’approbation de quelques débatteurs, entendus lors d'une émission télévisée. Au delà du fait que cette approbation est abjecte, cela montre la difficulté de faire adhérer la masse, une fois que l'évidence a été démontrée.
Maurice (mon père)
L’homme révolté
Les citoyens wallons ont encore parfois la sagesse politique.
Il y a longtemps, très longtemps ils ont su faire des choix fondamentaux et décidé de leur structure communautaire.
Très longtemps ? tout est relatif : sans remonter beaucoup au-delà de deux siècles, on les a vu se rebeller contre le nazisme en endurant les horreurs de la guerre, refusé la domination hollandaise et se battre en 1830 et lors des 18 jours.
En 1789 refusant les procédés autocratiques de Joseph II ils ont instauré les Etats Belgique Unis avec van der Noot et Vonck (oui la Belgique fut un jour une république).
Très souvent ce pays a été intégré ou écartelé : Pays bas autrichiens, Etat Belgique Unis, République Française (département de Dyle, Ourthe, Jemappes, Sambre et Meuse), Amputé des pays rédimés rendus par le traité de Locarno.
Pendant les guerres beaucoup se sont consacrés à défendre la liberté de la communauté, sans définir si cette communauté c’était leur pays, leur région, leur ville.
Parallèlement à la vague mondiale, les belges ont été divisés: certains ont rejoint les Allemands et les plus acharnés ont organisé une police spéciale: la Gestapo locale (gestallt polizei), qui est devenue pire que les SS allemands.
D'autre part, la résistance a été organisée et j’ai pu jalonner l’implication de mes parents. Je me souviens qu'un soir, trois hommes sont venus chez nous et ont discuté avec mes parents. Plus tard, j’ai su qu'ils étaient des chefs de réseau de la résistance et l'un d'eux, Max, a été très actif.
A partir de ce moment, la vie de mes parents est devenue très risquée. Dans le magasin, j'ai trouvé des sacs de poudre ressemblant à du lait en poudre, mais c’était de la dynamite, des armes étaient cachées dans des sacs de céréales et je me souviens avoir joué avec plusieurs revolvers.
Ma mère transportait ces choses et, parfois, elle utilisait le landau de mon frère pour transporter les explosifs. Ils ont distribué l'argent aux résistants cachés et aux pilotes de la RAF échappés des camps allemands.
A un niveau plus pacifique et personnel, il faut saluer des personnes qui ont fait le choix du changement.
Poussé par l'envie de faire autre chose, découvrir d'autres faces d’un milieu professionnel où ils ont acquis quelque connaissance et expertise qu'ils veulent optimiser. Certains osent faire le pas.
Parfois aussi, dégoûté par la monotonie d’une activité professionnelle ou d’un horizon sans finalité, des personnes rêvent d’autre chose, de se lancer dans une activité plus motivante ou d’innover dans l'activité qu'ils exerçaient.
A un moment donné de sa vie, on s'interroge à propos de son parcours professionnel qui s’écoulait jusque là de manière paisible mais monotone et on s'interroge sur ce que propose le monde extérieur.
Je me souviens dans la pénombre du village de M, cheminant sur la rue déserte et traversant un passage à niveau désaffecté, éclairé seulement d'une lampe falote, je me suis posé pareille question et je me suis décidé à m’annoncer dans un magazine industriel.
À ma grande surprise, cette seule démarche a provoqué une réponse. Il est vrai qu'à l'époque les gens exercés à l'informatique industrielle ne se bousculaient pas.
Quelques jours plus tard j'avais un rendez-vous dans un café de la place X à C. le PDG m’expliquait qu’il avait déjà recruté 7 managers et qu'il cherchait le dernier pour gérer les systèmes et l'organisation. On se fixait rendez-vous deux jours plus tard à S, le soir, dans une usine qui prenait son envol. Je me souviens de cette odeur de peinture synthétique qui planait dans l'air.
Ce fut une entrevue cordiale et courte à l’issue de laquelle, nous nous sommes accordés.
Ailleurs, d’autres ont souhaité un changement radical de leur vie professionnelle . C'est un ingénieur qui veut se rapprocher de la nature en devenant agriculteur, c'est une administrative qui veut devenir hôtelière ou fleuriste.
Mais cela demande une certaine dose de courage et il faut féliciter ces gens qui ont fait le pas malgré l'incertitude de l'aventure et le fatras administratif que cela entraîne.
C’est ce qui m’a convaincu de défendre l'idée d'un revenu universel qui permettrait ne pas rester sans ressources dans le cas ou l’activité nouvelle n'est pas encore rémunératrice
Ce filet de sécurité peut favoriser la volonté d’entreprendre, d’être protégé en cas d’accident d’entreprise ou de risque pour l’entrepreneur qui démarre. L’entrepreneur potentiel peut davantage oser le statut d’indépendant.
(wiki) « En réduisant l’incertitude sur les revenus futurs, l’allocation universelle jouerait selon certains de ses partisans comme un filet de sécurité favorisant la prise de risque individuelle, et le lancement dans des projets non-rentables à court terme.».
Mais ce système permet aussi de couvrir de manière plus efficace les aides sociales et les activités aujourd'hui non rémunérées
Les partisans de l'allocation universelle plaident en faveur de la prise en compte des activités non-professionnelles (bénévolat, développement individuel, création artistique, philosophique… qui selon eux prendraient part au développement collectif) dans la notion de progrès de la société.
Selon eux, la société aurait tout intérêt à parier sur la participation des individus à son progrès en leur libérant du temps pour leurs activités personnelles et en leur garantissant les moyens de subsister, considérant que l'activité salariée n'est pas tout dans l'évolution de la société.
Réflexions personnelles
Comme mu par des vagues successives, l’homme prend conscience de la destruction de la planète au départ de ses fantaisies stupides comme le tourisme de masse ou, la déforestation. Il s'intéresse au bien-être de l'animal.
Mais il reste prisonnier des idées originelles qui se sont infiltrées tout au long des siècles. Le capitalisme a envahi la société occidentale et même ailleurs il s'infiltre dans les dictatures communistes.
Malgré la mécanisation, la société n'a pas trouvé comment le remplacer alors qu'il gangrène toutes les relations, recommandant par exemple de prôner la natalité dans un monde où l'homme est la source de la pollution.
L’ inquiétude concernant la vie on peut la comprendre et à déplorer le manque de réactivité du politique à propos du Revenu de Base (RDB), largement développé ailleurs. Imaginons même que l’on y arrive, cela résoudrait-il tous les problèmes ?
Attribuer un revenu universel constitue un premier pas.
Le fait de voir les besoins essentiels couverts par le RDB pourrait-il changer les mentalités ? et pour y répondre faisons un rien de psychologie avec Maslow et Mcclelland et leur modèle pyramidal.
La base de la pyramide ce sont les biens élémentaires de survie, le haut c’est l’expression des valeurs. Retenons de leur théorie des besoins que l'on ne passe pas au besoin supérieur avant que le besoin inférieur ne soit satisfait, par exemple si les besoins physiologiques et sécuritaires ne sont pas résolus alors l'individu ne s'intéressera pas à l'estime, à la valorisation de soi.
Le citoyen lambda débarrassé du souci du lendemain deviendrait-il plus responsable ?
Non car il manque de motivation.
L’état devrait renforcer son rôle d’éducateur qui permette plus d’autonomie, de prise de risque. Philippe Dessartine inventait un slogan « apprendre à apprendre ». L’AU aide à oser. Celui qui échoue garde un filet de sécurité. Le service militaire aujourd’hui disparu aurait permis plus de discipline, d’audace, de rigueur. Il aurait sans doute mieux préparé la jeunesse à affronter ces aléas.
Par contre ce que l'éducation publique doit enseigner c’est une faculté à s'adapter à un monde qui change et je cite Jacques Attali
« Au fond la seule chose qui mérite vraiment d’être enseignée, et qu’on ne trouve pour le moment dans aucun manuel, ni aucun concours de spécialité, c’est l’esprit critique. Je rêve d’un professeur dont la seule discipline serait l’indiscipline, et qui pousserait les élèves, dans tous les domaines de ses collègues, à avoir l’audace de critiquer et l’humilité d’apprendre ».
Outre le financement d’un tel système, un objectif crucial consistera à encadrer un monde moins motivé. Comment orienter le comportement de l’individu qui ne reçoit plus un stimulus aussi intense vers le travail, soit pour gagner sa vie, soit pour améliorer sa situation mais surtout pour financer la collectivité à travers la fiscalité.
Deux réponses sont possibles. Celle du régime dirigiste qui assigne une activité à chacun. Même si cette activité est peu efficace et reconnue comme telle, cette méthode maintient une société stable.
L’autre recette part d’un vœu pieux, celui de faire confiance à l’homme qui, dans une vue idyllique, décidera d’utiliser son temps libre à entreprendre, inventer, se dévouer ou faire de l’art. On rencontrera des idéalistes qui feront ce choix, mais la propension naturelle de l’homme serait plutôt de rechercher les délices de Capoue.
L’état est incapable de ces projets de par sa division.
Une des réponses consiste à booster la motivation, le bien-être dans l’activité choisie.
Question d’ambiance
Il serait difficile de retrouver l'ambiance du village de M, la cordialité des habitants tournés vers l’usine. Alors que je faisais une analyse de la section des moules, le médecin du village apparaît à la fenêtre et me dit « n'oublie pas que tu as un match de tennis dans une demi-heure ».
Le terrain de tennis est à 5 minutes de l'usine et mon adversaire du tournoi n’était autre que le directeur général. Un peu troublé j'ai perdu tous mes sets, il faut dire que RG était excellent joueur.
Cette ambiance là on la retrouve rarement. Elle permettait une certaine souplesse dans les horaires.
Mais en revanche, cette ambiance a conduit à ne pas compter son temps quand il fallait tester les programmes, pendant la nuit, à 100 km de là.
Cette identification à un but que l’on veut atteindre vous suivra dans le reste d’une carrière et vous aidera à entreprendre, dans les négociations, dans le travail sans compter le temps.
Les négociations ont été rudes. Il est 2 h du matin, les cadres discutent dans le bureau voisin en attendant nos conclusions. Mon associé et moi calculons jusqu’où nous pourrions adapter notre offre ? Quelques échanges et enfin la fumée blanche. Le contrat est signé !
Et pendant plusieurs mois ce furent les longs déplacements vers Lille, Fécamp, Rennes, Vierzon pour les mises en place et la formation des gestionnaires locaux.
Je me rappelle d’un épisode « abracadabrantesque » au cours d’une intervention à Fécamp.
Le computer est très encombré pendant la journée et je décide de faire les ajustements pendant la nuit. L'usine est au milieu d'un parc industriel sur le haut de la colline entre Fécamp et Etretat. C'est à cette heure la seule entreprise qui est éclairée et cela paraît douteux pour un peloton de policiers en patrouille.
En plein milieu de la nuit j’entends le bruit de pas montant l’escalier et je vois des gens en armes qui m'entourent et qui commencent à m'interroger comme un malfaiteur. Stressant!..
Politique
J’ai vagabondé à travers des emplois souvent démotivants, mais parfois très riches là où l'entreprise a pu me faire confiance, puis j’ai pu connaître une satisfaction professionnelle et humaine en lançant ma propre entreprise malgré les difficultés mais aussi les joies de mettre en place des applications appréciées.
A la sortie du monde, dit professionnel, j'ai considéré qu'il manquait à mon expérience un volet, à savoir pénétrer dans l'univers des dieux politiques, dieux que je considérais à l’égal de l’Olympe dans la mythologie grecque. Après tout, n'avais-je pas au cours de mes études, choisi l'option des sciences consulaires.
Et là, j'ai pu me rendre compte de l’inefficacité des actions personnelles. Après avoir construit quelques ébauches qui me paraissaient cohérentes, je les avais proposées aux instances d’un parti. Certains responsables les ont analysées, et je les en remercie encore, mais ils y ont aussitôt opposé leurs idées de base qui paraissent intangibles. Par contre d'autres n'ont même pas daigné me répondre.
Mais cette expérience m’a ainsi permis de faire une opinion sur le monde politique et j’essaie maintenant de donner ma perception à propos de ce dernier chapitre.
International
À partir du moment où on découvre enfin que la planète est dès maintenant en grand danger et sous peine de voir les catastrophes naturelles encore aggraver le mal, des décisions importantes doivent être prises comme par exemple la maîtrise de la natalité évoquée précédemment.
Pour ces problèmes et bien d'autres les États individuels n'ont pas de prise. C'est donc à une institution supranationale qu'il faut s'adresser et l'organisme qui se trouve au-dessus de la mêlée, c’est l’ONU. Dans l'état actuel des choses, l'ONU a exercé assez peu de pouvoir, paralysée notamment par le droit de veto.
Son 4ème objectif reste pourtant «Être un centre où s'harmonisent les efforts des nations dans des objectifs communs». Elle le fait à travers ses différents organes et surtout son conseil de sécurité.
L’ONU n'a que rarement exercé un pouvoir coercitif. Néanmoins, ce fut vrai lors de la guerre de Corée ou lors de l’intervention au Katanga qui a coûté la vie à Dag Hammarskjold.
Mais à part l'envoi de casques bleus dans des zones en détresse, que peut-elle faire vis-à-vis de dictateurs intraitables, vis-à-vis du capitalisme exacerbé, vis-à-vis des structures financières multinationales.
Il existe bien sûr d’autres instances fédératives comme l'Union européenne, les G7 G20 ou l’OTAN, mais celles-ci ont toujours un objectif restreint et sont parfois antagonistes.
Les Nations
Dès que que l’on raisonne au niveau des nations, c’est la Tour de Babel.
Historiquement, on part d'une carte dans laquelle la communauté est dirigée par un monarque de droit divin, soit qu’il a succédé à cette fonction par filiation ou qu’il l’a usurpée par la guerre ou par un coup d'État. Les dictateurs modernes pérenisent ce même schéma.
Le peuple s'est révolté contre cette hégémonie et a voulu avoir droit au chapitre, Parfois même d'une manière spontanée des hommes d’état ont favorisé ce modèle qui a pour nom la démocratie.
Démocratie signifie
« le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».
Partant des compromis que l'on peut observer tout au long de l'histoire, depuis Périclès jusqu'à Rousseau, on assiste à une confusion considérable qui est loin de satisfaire à la représentation du peuple.
La conception de Périclès était que
"bien que peu de gens puissent esquisser un programme politique , nous sommes en revanche tous capable de porter un jugement sur lui.
Périclès et Rousseau y voyaient la base de la démocratie directe. Mais l’équivoque est née dès le départ et synthétisée par la phrase
« vous ne m’avez pas élu pour défendre vos idées , mais pour que la nation profite des miennes».
Pour Sieyes,
.
« La France ne doit pas être une démocratie, mais un régime représentatif. Le choix entre ces deux méthodes de faire la loi, n’est pas douteux parmi nous. D’abord, la très grande pluralité de nos concitoyens n’a ni assez d’instruction, ni assez de loisir, pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ; ils doivent donc se borner à se nommer des représentants. […] Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer.
S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants ».
John Adams « L'idée que le peuple est le meilleur gardien de sa liberté n'est pas vraie. Il est le pire envisageable, il n'est pas un gardien du tout. Il ne peut ni agir, ni juger, ni penser, ni vouloir. ».
Selon Platon, les simples citoyens, ignorant de la Vérité et réfléchissant surtout en fonction de leurs intérêts particuliers, ne sauraient diriger à bien la cité, et par conséquent le pouvoir des citoyens ne peut que conduire celle-ci vers la corruption.
La première énigme est de savoir si le peuple est non seulement apte à émettre un jugement, mais d'abord de comprendre ce dont il s'agit. Est-il même apte à élire ses représentants ?
En ce qui concerne ceux qui votent, cela se résume souvent à l'absurde « On a toujours voté comme ça » ou, comme on l'a vu récemment, on veut pénaliser un gouvernement sortant parce que le tapage médiatique de l'opposition fait grand bruit. De toute façon les critères retenus par les électeurs sont rarement compatibles avec la gestion saine d'un état.
Pour choisir un représentant, quel sera le critère pertinent ? ses idées ? sa qualité de gestionnaire ? a-t-il le bagout d’un débatteur ? Est-il intègre ? Le subjectivisme le plus complet aura cours.
Une fois élu, le représentant sera-t-il fidèle à ses électeurs?
Les élus
Le comportement de l'élu est imprévisible il y a bien le programme du parti qu’il a rejoint mais une fois en place comment va-t-il réagir face à l’antagonisme féroce. Il devra faire face à une opposition acerbe qui cherchera de toutes les manières à le discréditer.
Ou son programme initial sera respecté ou il sera l'homme de compromis.
Empêtré dans ces dilemmes, il n'est pas sûr que lui même perçoive encore les priorités.
La planète se meurt mais il craint de réguler les transports. Les provinces sont inutiles mais il hésite à les supprimer pour ne pas déplaire aux partenaires.
Le mandat se termine et on a hâte à placer ses amis.
Parfois l’assemblée devra se prononcer sur des réformes structurelles, ce qui conduira à une grande diversité entre les pays. Cette tour de Babel s'est façonnée individuellement. Fédération ou état unitaire, certains états ont voulu garder leur monarchie en lui réservant un caractère purement protocolaire.
Mais de toute façon à intervalles réguliers les constitutions initiales ont été revues, de la première à la cinquième République française, de la première à la sixième réforme en Belgique. Ces systèmes se cherchent et ne se stabilisent pas.
L’énorme perversion à travers ces réformes, ce sont les structures inutiles et les entourages qui prolifèrent profitant des fonctions qu’ils se sont attribuées.
« J'en ai marre des parvenus »
La théorie libertarienne n’est pas tendre avec l’Etat
« L'État n'est rien d'autre qu'une association d'individus qui sont d'accord entre eux pour se faire appeler l'État. Ils se sont fixé pour objectif d'exercer le monopole légal de la violence et de l'extorsion de fonds » Rothbard.
Il est un autre phénomène qu'il faut essayer d'expliquer au nom de la démocratie, c'est comment partant d'une idée qui a priori était vertueuse on en est arrivé à trouver à la tête de pays des gens d'une nuisance caractérisée.
Le drame est qu'une fois installés, ces gens sont indéracinables. Et tout cela s'est déroulé sous l'égide de la démocratie.
Il y a peut-être des circonstances qui l’expliquent, mais il y a nécessairement à la base une majorité qui l’a porté au pouvoir ou qui l’a accepté comme un moindre mal.
Il y a aussi des situations composites: Bolsonaro chapeauté par Trump en est la belle illustration. Assad et Poutine en est une autre.
(Wikidictio) La démocratie, selon Hayek, est devenue immorale, injuste et tend à devenir «totalitaire». Les citoyens, dans les sociétés occidentales, ont cessé d’être autonomes : ils sont comme drogués, dépendants des bienveillances [ou des malveillances] de l’État.
Cette perversion de la démocratie conduit à terme à l’appauvrissement général et au chômage. La démocratie s’est pervertie parce que nous avons confondu idéal démocratique et tyrannie de la majorité [ou des minorités].
Pour retrouver l’idéal démocratique, il faut désormais imaginer une organisation nouvelle qui limitera le pouvoir du gouvernement. C’est ce que Hayek appelle la démarchie.
La pression extérieure.
La presse peut porter ou détruire un candidat. Ce fut le cas de François Fillon lynché par Mediapart. La presse peut aussi ignorer des candidats et ainsi les saborder.
Si vous êtes climato-sceptique, eurosceptique ou tout simplement de droite, vous cochez toutes les mauvaises cases. Une toute récente thèse de doctorat d'une étudiante d'Oxford, qui analysé les mouvements de droite chez nous et dans les pays voisins, conclut que si cette droite n'a pas percé dans le sud du pays alors qu'elle l'a fait ailleurs, c'est en raison essentiellement du blocage de la presse.
Lorsque j'étais en campagne électorale, sur 10 Wallons que je rencontrais, cinq ne connaissaient même pas l'existence du parti. (Modrikamen)
et cela peut engendrer d’autres effets pernicieux
Dans La fabrication du consentement, Noam Chomsky et Edward Herman avancent l'idée que les médias diffusent avant tout une propagande au bénéfice d'un groupe de dominants. Loin de constituer un « quatrième pouvoir » en démocratie, la principale fonction des médias est, selon eux, de traiter et de manipuler l'information afin de servir les intérêts des élites politiques et économiques.
Ce phénomène peut aussi intervenir au départ d'autres groupes de pression les GAFA sont plus écoutés que le gouvernement et cela peut conduire à la corruption.
Le fonctionnement
Chaque nation a adapté son système. Un pays peut se structurer en de nombreux niveaux de pouvoir : le fédéral les régions, les provinces les communautés. Au-delà de l'absurdité de pareil division, les parlements voter des lois. Il est évident qu'elles seront nombreuses et parfois contradictoires.
Quant aux personnes élues, ont-elles même la maîtrise du sujet ou sont-elles le jouet du parti qu'elle représente. Quant aux idées qu'elle apportent, sont-elles prise en compte par les partis qui les occupe.
Une autre dérive est la durée du mandat. La mise en œuvre des sujets débattus sont à long terme et le mandat est à court terme. Le nouveau gouvernement élu par un parti adverse aura tôt fait de détruire les idées initiales
Économie
Économie de marché
L’homme s’est créé une série de théories fétiches. La main invisible de Adam Smith, le pib et la croissance.
Le terme capitalisme n'a pas de sens univoque. Je crois qu'une économie où les marchés, les gouvernements et les mouvements citoyens jouent un rôle sera notre avenir. Dans mon nouveau livre People, Power and Profits, je l'appelle le capitalisme progressiste. Je ne pense pas que l'ancienne forme de capitalisme ait un avenir. Le capitalisme progressiste oui, car celui-ci comprend au moins qu'il y a des limites aux ressources naturelles. (Stiglitz)
Entre l'économie de marché, le protectionnisme et l'économie dirigée, les États louvoient et s'accordent après de longs efforts. Puis tout à coup comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, on voit arriver des Trump, des Bolsonaro, des Boris Johnson qui viennent tout bouleverser.
Il est clair que les deux systèmes extrêmes (économie de marché et économie dirigée) sont des échecs.
Dans le cas du communisme, il ne s'est trouvé personne qui ait pu trouver un équilibre entre les besoins de la communauté, la recherche et la production. Il s'est au contraire trouvé des gens qui ont profité des failles du système usant souvent de la corruption.
L’économie de marché a engendré le capitalisme et ses multiples dérives.
Au contraire, affirme Arthur Wheaton, enseignant à l'université Cornell à New York et spécialiste des relations de travail dans l'aéronautique. "La culture de Boeing n'est pas de valoriser ses employés mais d'essayer de donner davantage de pouvoir, d'autorité et d'autonomie à ses dirigeants pour que le travail soit fait au meilleur coût", fustige-t-il. (le Soir).
les économistes eux-mêmes restent interrogatifs sur le modèle à suivre.
Nous avons depuis cinquante ans été formés à respecter des tables de la loi économiques peu nombreuses mais très strictes: le plein-emploi crée l’inflation et celle-ci pousse les taux d’intérêt à la hausse. Le financement de l’État par une banque centrale est un anathème car facteur d’inflation. La création monétaire doit demeurer dans des limites raisonnables sous peine, là aussi, de nourrir l’inflation. Et enfin, plus globalement, une révolution technologique engendre des progrès de productivité qui constituent le meilleur adjuvant de la croissance. Les dix dernières années viennent de nous démontrer que ces principes fondateurs n’ont plus lieu d’être et nous sommes, dès lors, désemparés car privés de boussole macroéconomique.(Alain Minc)
Accepter l'économie de marché sans limite c'est accepter le gaspillage planétaire.
Quand au cours d’économie politique, le professeur enseignait le principe de l'utilité marginale, il prenait pour exemple un fumeur qui reçoit un paquet de cigarettes, ce qui l'intéresse beaucoup. Le second paquet l'intéresse encore mais un peu moins et de moins en moins pour les autres paquets reçus.
Mais quand le nombre de paquets devient trop important cela devient gênant car cela prend de la place et le fumeur ne sait plus qu'en faire, on parle alors d’utilité marginale négative.
C'est ce que l'on vit avec le règne de l'offre incontrôlée car que signifie une offre non satisfaite? Pour les grandes surfaces, ce sont les surplus jetés , Ailleurs, ce sont les vêtements de marque détruits, les pièces mises au rebut.
Si on part dans un système qui donne priorité à la demande on évite ce genre de chose mais on allonge les délais et on crée un risque de pénurie.
Je me souviens avoir vécu une expérience malheureuse d’informatisation dans un processus de production. Le modèle proposé au départ n’avait pas tenu compte de toutes les contraintes de l’offre et de la demande.
La première application était celle d’une usine de charpente où l’analyse avait montré la séquence de flux, soit acheter sa matière de base, le bois, en fonction des commandes de ses clients, les charpentiers, et ensuite produire et livrer.
La seconde application est celle où le responsable me demande de réaliser la même application que la précédente (qu’il avait connue et d’où il était issu ) mais cette fois dans une usine de châssis pour l’industrie du bâtiment.
Il s'est trouvé que, dans ce dernier cas, le fournisseur des matières de base à savoir les profilés métalliques spéciaux provenaient d’une importante entité multinationale qui en avait le monopole. Il fallait dans ce cas prévoir un délai considérable pour être approvisionné.
Par contre les clients du secteur BTP ne pouvaient préciser leurs spécifications qu’au dernier moment à cause de retards dus aux intempéries ou des autres sous-traitants, par exemple, lorsqu'il s'agissait de chantiers dans la région parisienne, ce corps d’état intervenait au dernier moment de la chaîne et subissaient les retraits, modifications et autres ajustements des autres sous-traitants. Les cotes n'étaient alors connues qu'au dernier moment et le délai normal devenait une urgence.
La conséquence de ce schéma imposait à l'usine de se créer des stocks en fonction d'une probabilité basée sur les commandes de l’année passée et de leur saisonnalité et cela relevait alors de la recherche opérationnelle.
Le prototypage a du être repensé.
Ma conclusion, et je m’en suis inspiré par la suite, est qu'il ne faut pas accorder confiance au projet proposé sans avoir soi-même contrôlé la faisabilité auprès des acteurs de terrain.
Croissance et PIB
Une autre incarnation de l’économie est la croissance
Le dogme absolu serait la croissance identifiée par le PIB. Or ce PIB en tant qu’outil d’évaluation est assez mal choisi pour refléter fidèlement une qualité de vie. Il représente l'ensemble des produits annuels d'une communauté sans égard à la qualité de son contenu. Une communauté qui répare les dégâts provoqués par des manifestations ou par la guerre a plus de valeur indicative qu’une communauté où dominent les chercheurs.
Ce PIB, qui est l'objectif économique par excellence est en pure contradiction avec l'idée écologiste. « si un pays rétribuait 10 % des gens pour détruire des biens, faire des trous dans les routes, endommager les véhicules, etc., et 10 % pour réparer, boucher les trous, etc., il aurait le même PIB qu'un pays où ces 20 % d'emplois (dont les effets sur le bien-être s'annulent) seraient consacrés à améliorer l'espérance de vie en bonne santé, les niveaux d'éducation et la participation aux activités culturelles et de loisir » (wikipedia).
Dans le contexte d'aujourd'hui, le désir de croissance devient hors propos, la mondialisation entraîne le gaspillage de ressources dans le transport et la production de masse. Les multinationales, par la taille de leurs groupes financiers, sont devenues des lobbies qui engendrent des fortunes colossales.
Le dogme de la croissance telle qu’on la considère aujourd’hui est suicidaire.
« Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » — Kenneth E. Boulding
Albert Jacquard disait en 2006
« Sur une planète dont les dimensions et les richesses sont finies, tout processus exponentiel ne peut qu'être éphémère. La croissance de la consommation est en réalité l'équivalent d'une drogue ; la première dose crée l'euphorie mais les suivantes mènent inévitablement à la catastrophe. Prétendre résoudre un problème, par exemple le chômage, par la croissance, s'est s'enfoncer délibérément dans une impasse ».
La démographie
Alors que la planète étouffe de la présence humaine, des économistes préconisent la hausse de la natalité.
Nos penseurs, intégrés dans leur montage économique, considèrent que pour pouvoir payer les pensions des retraités il faut qu’ une nombre de cotisants puisse être ponctionné pour générer une masse à répartir parmi les retraités,
Cette masse, ce « bienfait » est générée par ce qu'on appelle le travail (job job job). Partant de cette idée bien assise dans les dérives de ce système il est donc acquis qu'une démographie importante est la vertu économique suprême.
L’évolution de l’espérance de vie, l’élévation du niveau de vie et le fait que de plus en plus fréquemment hommes et femmes travaillent et auront droit chacun à une pension posent de sérieux problèmes pour ce secteur de la sécurité sociale.
Il faudra payer des pensions élevées pour plus de pensionnés et pendant plus longtemps. Les années 2010-2030 seront particulièrement difficiles. C’est l’époque où les enfants du baby-boom d’après la Deuxième Guerre mondiale arrivent à l’âge de la pension.
Parallèlement, la faible natalité et le chômage important diminuent le nombre d’actifs. Or dans un système de répartition; l’équilibre entre actifs et non actifs détermine l’équilibre de l’ensemble. Toute la question est donc de savoir comment les pensions seront financées. La réponse à cette question suppose un choix politique.
De l'autre côté de la Méditerranée on assiste à une autre forme d’absurdité. Tout d’abord, là-bas, le nombre d'enfants est un indice de pouvoir, d'importance.
D'autre part si le chef de famille devenu vieux a généré aujourd'hui un nombre d'enfants important, il n’aura pas de souci pour sa vieillesse, ceux-ci pourront subvenir à ses besoins selon la coutume. Cela devient l'assurance vieillesse et comme la mortalité infantile a disparu en Afrique, la démographie explose.
Résultats le nombre de migrants explose lui aussi.
En Afrique, si les parents, et en particulier les pères, souhaitent une famille nombreuse, c’est principalement parce qu’elle paraît représenter une source de richesse, les enfants pouvant aider aux champs, garder le bétail et, plus tard, trouver de petits travaux en ville.
« En Afrique subsaharienne, analyse Jean-Pierre Guengant, directeur de recherche émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), les décideurs politiques considèrent encore largement que la croissance rapide de la population est un facteur de prospérité, car elle contribue à l’expansion des marchés et à la puissance des pays . »
Le meilleur levier reste toutefois une mobilisation directe des femmes. A cet égard, et même si l’effet n’est pas universel, on considère généralement qu’une élévation du niveau d’éducation des filles est indispensable. Or, en Afrique de l’Ouest par exemple, en 2010, environ 46 % des femmes de 20 à 39 ans n’avaient reçu aucune éducation (contre 31 % des hommes).
Les populations africaines aspirent légitimement à une amélioration de leurs conditions de vie, que la diminution du rythme de croissance démographique ne pourrait que favoriser. Investir dans l’éducation et améliorer le statut des femmes pourrait provoquer une « révolution contraceptive » dont les bénéfices couvriraient d’ailleurs de larges domaines de la santé, bien au-delà de la limitation des naissances.
Et au-delà de ces absurdités, la planète disparaît, détruite par l’activité humaine surabondante.
Lovelock « Les choses que nous faisons à la planète ne sont pas agressives et ne représentent pas non plus une menace géophysiologique, tant que nous ne les faisons pas à grande échelle. S’il n’y avait sur Terre que 500 millions d’humains, pratiquement rien de ce que nous faisons actuellement à l’environnement ne perturberait Gaïa51. ». « Un slogan comme « la seule pollution, c’est la population » désigne une implacable réalité. » « Même avec un milliard d’humains, il serait encore possible de limiter ces pollutions.
Mais vu notre nombre — près de sept milliards — et notre mode de vie actuel, elles sont intolérables. Si rien n’est tenté pour les limiter, elles tueront un grand nombre d’humains et d’autres espèces, et modifieront la planète de manière irréversible »
De son côté, Malthus prédit que
« mathématiquement sans freins, la population augmente de façon exponentielle ou géométrique (par exemple : 1, 2, 4, 8, 16, 32...) tandis que les ressources ne croissent que de façon arithmétique (1, 2, 3, 4, 5, 6...).
Il en conclut le caractère inévitable de catastrophes démographiques, à moins de limiter la croissance de la population. Malthus préconise ainsi une régulation volontaire des naissances, la « contrainte morale » : les couples prévoyants, en retardant l'âge du mariage et en pratiquant la chasteté jusqu'au mariage, seraient enclins à n'avoir que le nombre d'enfants qu'ils sont certains de pouvoir entretenir. » (wikipedia)
Sa théorie a été largement controversée et si ses conclusion aboutissaient à prédire une paupérisation importante de la population, le phénomène qu'il n'a pas envisagé c’est celui de la destruction de la planète et des ressources par le truchement des débordements humains ce qui finalement accrédite autrement sa théorie.
Cette alarme était aussi activée lors d’un interview de Christian de Duve.
La science peut faire quelque chose ? Elle ne peut pas augmenter la surface de la terre ou ses ressources. Elle peut simplement donner des conseils. « Le » problème, c’est la démographie.
L’homme ne réfléchit pas à l’avenir, ne s’en préoccupe pas. Même pas les dirigeants politiques, pour qui, ce qui compte, est la date des prochaines élections, dans deux ou trois ans maximum. Lorsque j’étais enfant, on vivait un peu comme si le monde nous était donné, sans préoccupation : le monde était là pour nous servir et être exploité par l’homme.
Ce n’est vraiment qu’à la fin de la dernière guerre qu’on s’est rendu compte brusquement que les ressources naturelles étaient finies, qu’elles risquaient d’être épuisées rapidement par le développement de l’humanité et que les conditions de vie allaient être fort diminuées.
La Justice
les hommes de loi
Je suis conceptuellement interpellé par la notion de personnes qui exercent un pouvoir appelé justice. D'une certaine manière je considère qu’elles s’approprient un droit quasi divin lequel au départ était celui de vie ou de mort sur d'autres individus.
Ce droit a bien sûr été révisé au fil des temps mais il n'en reste pas moins qu’il est le prolongement d’une institution qui avait tous ces droits.
Dans d’autres siècles, on a connu l’inquisition et, il n’a pas si longtemps, la justice, était plutôt expéditive
Message impérial à Monsieur le Préfet du Var : ‘
’J’apprends que divers incendies ont éclaté dans les forêts du département dont je vous ai confié l’administration. Je vous ordonne de faire fusiller sur les lieux de leur forfait les individus convaincus de les avoir allumés.
Au surplus, si ils se renouvelaient, je veillerai à vous donner un remplaçant.’’
Napoléon
Les balises ont été mises : la peine de mort a été abolie, le code pénal abonde d’articles et si les lois divergent de pays en pays, l'exception d'ordre public international protégera le système juridique du for.
En ce qui concerne les jugements eux-mêmes il y a, à mon point de vue, une confusion entre la peine et la protection de la société. La peine s’applique à un acte délictueux, la protection de la société c'est mettre des balises pour qu’une personne dangereuse ne récidive pas.
Le recours aux instances d'appel, de cassation et le tribunal d'application des peines montre la faillibilité des jugements initiaux et ouvre le doute sur la pertinence de la peine requise.
On n’est pas du tout prêt à admettre qu’une condamnation pénale puisse être fondée sur une erreur, dût-elle être rarissime. Autrement dit, sauf exception, les gens de robe et le vaste public partagent la croyance selon laquelle la procédure pénale a pour principal objectif d’aboutir à « la manifestation de la vérité » et le juge est l’artisan ultime (et décisif) de cette véri-diction.
La situation qui lui est faite (détenir le pouvoir du dernier mot) n’est-elle pas à l’origine de dérives, dont la plus courante est de considérer qu’il a toujours raison ? Ainsi, sans l’avoir voulu, le juge est mis en posture de posséder le monopole de la vérité.
Sa toute-puissance n’est pas de son fait ; elle résulte des pouvoirs que la loi lui délègue. Est-ce que le fait de n’y être pour rien empêche que son omnipotence lui monte à la tête, c’est l’une des questions impertinentes que l’on aimerait lui poser. (Bruno Dayez).
Certains plaignants insistent sur le pouvoir exorbitant du juge. (rappelons l’affaire Pineau-Valencienne patron des patrons français « invité pour information » puis jeté en cellule avec des droits communs).
Je confirme qu’un juge n’a aucun contre pouvoir. il peut par son incompétence détruire un enfant, un père ou qui il veut en toute impunité. Aucun contre pouvoir n’existe et s’il décide d’un acte illégal, celui-ci devient légal.
La haute cour de justice, institution permettant de mettre en faute un magistrat, n’est qu’une immense supercherie permettant de faire croire au citoyen qu’il peut mettre en cause la non impartialité d’un juge et de son incompétence. (un plaignant).
L'autre paradoxe est de retrouver dans la même cellule le criminel de sang et celui qui a émis un chèque sans provision ou commis des délits financiers, de retrouver encore les personnes en préventive contre qui rien n'a été prouvé et l’assassin.
Par contre les actes de certains délinquants sont rarement sanctionnés. Le policier qui a amené le coupable chez le juge le voit sortir dans l'heure qui suit.
Les jugements
En ce qui concerne la peine on est passé en moins d’un siècle d’une panoplie de sanctions à une seule, la prison. Autrefois c'était l'admonestation, la réclusion, le bagne, le châtiment corporel, la peine de mort.
Aujourd'hui il semble que les législateurs se sont ingéniés à assortir tout manquement à la norme d’une inflation de peines de prison.
Il me parait très assez pertinent que les crimes de sang soient sanctionnés par la prison. par contre en ce qui concerne les délits financiers, cela me paraît plus ambigu.
La prison est-elle la panacée?
La prison reste un impensé de la réflexion pénale, les juristes n'y réfléchissent jamais vraiment. Elle fait partie simplement du paysage. (B Dayez)
De même qu'on peut convertir en argent n'importe quel bien, on peut en effet convertir n'importe quelle infraction en emprisonnement dans un cas comme dans l'autre il suffit d'en calculer le prix exact.
J'ai lu avec intérêt le livre de Bruno Dayez « pourquoi libérer D ». Si chacun peut contester le point de vue de l’auteur, cet ouvrage a pour moi l'immense intérêt d’oser remettre en cause les dogmes fondamentaux d’une institution qu’est la justice.
Il mène en quelque sorte le même combat que Badinter contre la peine de mort mais surtout il invite chaque lecteur à réfléchir sur la pertinence de concepts communément admis. La durée de la peine dépend de la subjectivité du magistrat.
la vindicte populaire appelle à des sanctions illimitées. Alors qu'on a aboli la peine de mort, une sanction illimité semble de même nature et même pire.
Si le condamné devait effectivement rester détenu jusqu'à son dernier souffle, il s'agirait en quelque sorte d'une condamnation à mort ... à vie, une mort lente certes mais une mort civile indubitable. Donc la cohérence exige de dire que l'abolition de la peine de mort a entraîné implicitement mais certainement l'abolition de la perpétuité car celle-ci revient à une forme particulièrement cruelle de mise à mort. (Bruno Dayez).
Le jury populaire
Dans l'esprit de rendre ce pouvoir proche du peuple, on a imaginé le jury populaire.
La toute première caractéristique du juré découle de son mode de désignation : le hasard. Sous quelques réserves, il doit précisément s’agir de n’importe qui. Ce caractère délibérément quelconque est essentiel, car sur lui reposent deux fictions indispensables au fonctionnement de la cour d’assises.
Première fiction, celle de la représentativité : comment prétendre juger au nom de la Nation entière, sinon en la faisant représenter par Monsieur tout le monde ? L’anonymat du juré, son statut exigé de quidam en font le porte-voix attitré de la population, mot choisi pour désigner la foule innombrable des anonymes.
Deuxième fiction, celle de la démocratie représentative : si la douzaine d’individus sélectionnés par le sort est censée incarner le peuple et juger en son nom, sa décision revêt du même coup une légitimité incontestable : celle du nombre. D’où se tenir, en effet, pour affirmer jamais que la Nation a tort ? (Bruno Dayez)
La foule et les médias
Autre embûche, la vox populi et une certaine presse qui relayant l’émotion populaire juge avant le jugement. On peut saluer l’indépendance de magistrats intègres qui resteront de marbre face à cette meute.
Saluons une double victoire dans ce monde ou règnent les fausses valeurs. La Justice qui s 'est prononcée en toute indépendance, sourde aux clameurs de haine qui l'entourent et qui allaient se déchaîner.
(Affaire Dutroux – libération de M Martin) Les sœurs de Malonne, parfaites de dignité et de charité, qui montrent aux belges le vrai visage de l'Église du Christ miséricordieux. Tout ceci sera bien réconfortant face aux cris de haine et de vengeance que cette décision ne manquera pas de déclencher.
Les moyens de la justice
La justice doit s’appliquer, alors que les gens de justice se plaignent du manque de moyens et de prisons surpeuplées.
Il y a un moyen simple pour résoudre la question du surpeuplement : divisez par deux la durée des peines infligées et vous aurez résolu le problème. De même les personnes en préventive n’ont pas leur place en prison.
En ce qui concerne les méthodes, alors qu'on est dans l'ère du numérique, comment peut-on encore voir des gens en toge transbahuter des brouettes de documents que très probablement personne ne regardera.
Dans toute la société, l’accès aux données est aujourd'hui réalisé par des intranets sécurisés et celles-ci sont consultables en tout lieu. Il est certain qu’en informatisation les procédures on simplifierait les flux.
En allant plus loin, je pense qu'en finalité si le jugement a été préparé par un logiciel d'intelligence artificielle la justice serait plus claire et non pas sujette à l'interprétation et à l'état d'esprit du juge.
Quant au rôle joué par le Juge d’application des peines, il devrait trouver sa place en dehors de la sphère pénale et devrait concerner tout individu dont la dangerosité est avérée.
Conclusion
J'observe un monde qui a changé en quelques décennies. Les valeurs morales ne sont plus les mêmes : on tolère l'euthanasie, la procréation pour autrui, les couples homosexuels. Et celui qui pourrait avoir une opinion contraire subira les foudres de la justice.
Ma réflexion va plus loin en m'interrogeant sur l'inertie de la société à propos d’idées comme le revenu de base (RDB). Les mandataires s'attardent à des corrections aux systèmes existants comme différer l'âge de la pension, la dégressivité des allocations de chômage, l’égalisation des allocations familiales mais ils y sont contraints par le peuple tellement rivé à l'existant.
Alors qu'en repartant de l’intention initiale on s'aperçoit que le RDB apporte une réponse à la plupart des problèmes sociaux.
À partir du moment où cette inertie de la société aboutit à laisser dans la rue des gens à -15°, a laisser se concentrer la plupart des richesses dans les mains de quelques-uns, à garder des administrations pléthoriques et obsolètes, je me permets de conclure que cette société ne va pas bien.
Il est assez étonnant que les économistes ne voient pas plus loin que leur discipline et refusent de considérer que la démographie galopante constitue le plus grave problème de la planète. Au lieu de préconiser l’accroissement de la natalité pour assurer les pensions, il serait plus judicieux qu’il puissent plutôt imaginer un système économique différent.
Serait-il tellement absurde d'imaginer une combinaison du RDB et la reprise en main par l'État système de pension, de remplacer le système de cotisation par la reprise en charge de cette fonction dans le système régalien et d'effacer ainsi toutes les inégalités.
Au lieu de prôner la mondialisation, l'Europe et les états ne peuvent-ils réfléchir optimiser l'économie locale en réservant cette mondialisation aux biens nécessaires
La natalité galope et asphyxie la planète, provoquant des migrations non contrôlées avec des populations variées et souvent non intégrables. Au lieu d'accepter les migrations incontrôlables, l'Europe et les états ne peuvent-ils intervenir à la source et aider la population à contrôler la natalité et à trouver le bien-être chez eux.
On s'aperçoit enfin de la destruction de la planète et on se rend compte que ces migrations sont provoquées par les catastrophes naturelles que l'homme a générées sans s'en rendre compte jusqu'aujourd'hui.
De plus en plus de personnes lucides insistent sur le changement urgent des méthodes, pour que le véhicule électrique remplace le véhicule thermique, pour que le ferroutage remplace le camion à longue distance, pour que l'économie locale tempère le transport international.
Mais les décisions des états ou des institutions internationales tardent souvent à être appliquées parce que des intérêts particuliers sont en jeu.
Cependant lorsque la survie de la planète est en jeu, il y a lieu de faire vite. L’urgence c'est ce que les États ont pratiqué au moment des guerres. Comment ont-ils pu en quelques mois construire des milliers de tanks, des milliers d'avions, des milliers de véhicules en mobilisant toutes les forces disponibles. Et il faudrait, pour ménager le capital de quelques sociétés cotées en bourse, retarder des mesures qui semblent évidentes pour la survie de tous.
D'autres domaines sont révolutionnés. Aujourd'hui les neurosciences côtoient la philosophie quand elles affirment que les fonctions du cerveau sont indissociable du corps.
La numérisation s'implante de plus en plus, l'intelligence artificielle permet des choses exceptionnelles dont la justice pourrait s'imprégner. Elle pourrait non seulement aider l'homme, mais corriger des décisions qui pourraient être tendancieuses.
Il faut saluer une conclusion de P. Jorion
La vertu, dans un monde où l'humanité est menacée d'extinction en raison de l'épuisement des ressources et de la dégradation de l'environnement, est certainement différente de ce qu'elle était dans le monde de la " main invisible " d'Adam Smith, où il suffisait que chacun suive son intérêt bien compris pour que règne l'harmonie.
Tenons compte alors de l'enseignement d'Aristote et des leçons de l'histoire : concevons, pour celles et ceux sensibles à la raison et à la sagesse, une éthique adaptée à un monde où nous transgressons désormais et de manière peut-être irréversible la capacité de notre environnement à nous maintenir en vie ; et à l'intention des amis du plaisir, élaborons, pour les maintenir sur le droit chemin, des lois accordant la priorité à la survie du genre humain plutôt qu'à la pure recherche du profit, source de destruction et de mort.
Et pour répondre à la question de départ qui, finalement, est la plus importante, je reviens vers Jean d'Ormesson pour conclure,
Les deux questions que nous nous sommes posées - Dieu existe-t-il? qu'y a-t-il après la mort? - n'en font qu'une.
Si Dieu n'existe pas, la mort est la fin de tout. Personne n'ira croire à une vie éternelle si Dieu n'est qu'illusion. S'il existe au contraire un je ne sais quoi lumineux et obscur que nous nous risquons d'appeler Dieu, une place pourrait être faite à des espérances plus ou moins invraisemblables aux yeux des vivants.
Notre sort pour l'éternité est liée à l'idée que nous nous faisons de Dieu
(Jean d'Ormesson).
