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                                                Suggestions politiques

Le Nobel de la Paix décerne un satisfecit à l’UE et encense sa sérénité intérieure. Il est sans doute inconvenant de se demander si, en l’absence de l’UE,  le résultat eut été différent après que le traumatisme de 45 a ébranlé les peuples?  En ce qui concerne la monnaie unique, elle est certes une avancée extraordinaire lors d’une conjoncture propice mais qu’il faut relativiser après l’expérience des pays empêtrés dans une aventure financière qui engendre des effets destructeurs.

Mais le corollaire pervers du fédéralisme européen est la perte d’autonomie des états. L’épisode Montebourg est révélateur de la paralysie socio-économique imposée aux nations et montre l’incapacité à appliquer les solutions magistrales traditionnelles comme la nationalisation ou un certain protectionnisme. Faute d’une harmonisation sociale, la compétitivité est viciée notamment par les disparités salariales et il faut présager que le palliatif n’est pas pour demain. C’est donc aux états de prévoir aujourd’hui une stratégie pertinente. Des pistes pourraient être suggérées comme les deux suivantes.

Quoi qu’en disent les chantres du travail, il est évident que l’emploi devient de plus en plus rare. Or le premier devoir de l’état est de pourvoir au bien-être des citoyens et de n’oublier personne. La recette méconnue est le recours à une Allocation Universelle qui constitue un paravent contre la précarité mais beaucoup plus simple, juste et efficace que les aides conditionnelles qu’elle remplace. Collective,  elle couvre les citoyens sans ressources ou ignorants de leurs droits, les chômeurs qui en s’engageant ne perdent plus leurs indemnités, les hauts revenus ponctionnés d’un impôt proportionnel.

L’autre objectif consiste à assurer notre compétitivité nationale. Constat cinglant de R. Duchâtelet : "Sans taxe sur le travail, ni Opel ni Ford n’auraient cessé leurs activités en Belgique". Une mesure évidente est de reporter les prélèvements salariaux sur la TVA. Ainsi un produit fabriqué localement aura le même coût de base qu’un produit importé d’un pays à salaire sans protection sociale. Le prélèvement de l’état est mieux garanti car la consommation est constante, la production ne l’est pas. Enfin la TVA est plus souple, elle permet des taux différenciés : les produits de base peuvent être privilégiés et rappelons l’ancienne taxe de luxe qui amenait les produits frappés à une TVA de 33%.

Mesures utopiques ? Je ne le crois pas.