referendum

 Le référendum est l’objectif immédiat

 

Les Belges vont-ils enfin assumer la responsabilité démocratique. Avec comme seul souci de rapiécer des institutions lourdes, inefficaces et coûteuses, leur frilosité interpelle.

Face au blocage politique actuel, le sursaut qu’ils ont manifesté a consisté en une manifestation de style estudiantin dont les justifications étaient tellement variées qu’on ne peut en tirer aucune conclusion. Chez beaucoup existait l’idée d’une Belgique éternelle figurant une sorte d’idolâtrie.

Il y a très longtemps les Belges ont su faire des choix fondamentaux décidant de leur destinée communautaire. Très longtemps ? Tout est relatif : sans remonter beaucoup au-delà de deux siècles,  on les a vus se rebeller contre le nazisme, refuser la domination hollandaise, prendre les armes en 1830 et lors des « 18 jours ». En refusant les méthodes dictatoriales de Joseph II en 1789, ils ont fondé les Etats belgiques unis avec Vonck et van der Noot, malheureusement déloyal à la fin. Oui la Belgique fut un jour une république.

Très souvent leur pays a été intégré ou éclaté : Pays Bas Autrichiens, Etats belgiques unis, République Française (où ils furent catalogués en départements Dyle, Ourthe, Jemmapes, Sambre et Meuse), amputé des pays rédimés rendus par le traité de Locarno. Cela montre combien sont relatifs l’assemblage et la conscience d’une nation.

Aujourd’hui, le Nord du pays est demandeur d’une mutation fondamentale et on peut comprendre l’aura dont bénéficie BDW, qui porte une aspiration avalisée par un grand nombre de flamands. Cette tendance, les Wallons ne peuvent l’ignorer. Pour résoudre cette énigme, la seule piste démocratique d’aujourd’hui est l’adhésion aux discours de l’un ou l’autre parti dont les objectifs communautaires sont parfois voisins mais dénaturés par les hommes qui composent ces partis, par les moyens qu’ils imaginent et par quelques fantasmes particuliers.

Cet arrimage aux partis est réducteur car il ne permet pas une expression individuelle. Il faut enfin organiser un mécanisme permettant d’exercer une vraie démocratie directe dans laquelle  les citoyens eux-mêmes décident des choix fondamentaux. La constitution belge ne le permet pas. Or c’est précisément de sa métamorphose qu’il s’agit.

Le référendum est définitivement l’objectif immédiat. C’est par là que le citoyen pourra lui-même décider des enjeux essentiels comme la séparation des communautés ou le statut de BHV. Sa réussite est liée bien sûr à un rodage adapté à cette technique et une construction pertinente des questions. Comment y arriver ? Si nos élus, sortis du bac à sable, ne peuvent avoir une imagination créative, l’action citoyenne doit y pallier avec cette fois un objectif précis. A quand ce sursaut ?

 

Jean-Marie Ghiot