Austérité

 Austérité

J’ai assisté mardi à un excellent exposé de E. De Keuleneer organisé par l’extension ULB de La Louvière sur le thème « où va mener une économie basée sur l’austérité ». L’exposé jalonnait l’histoire des idées économiques depuis Adam Smith jusqu’à ce jour avec un accent sur les agissements bancaires peu maitrisables, échappant maintenant encore à toute régulation. Convaincu aussi ou résigné à ce que l’Europe reste le salut à nos malheurs. Et pourtant quelle réponse cette UE a-t-elle pour sortir du désastre engendré par les fermetures d’usines.

 

Pour ma part, je voudrais faire le lien avec d’autres stratégies économiques sans doute éloignées de la « bien-pensance » européenne.

 

L’organisateur de la conférence avait évoqué dans son introduction des philosophes comme S.Latouche et M.Volle et j’y associe P.Aries, A.Jacquart et Y.Cochet. Alors que notre monde raisonne en termes de croissance, ces philosophes évoquent la finitude des ressources mondiales et une réforme basée sur le bien-être des citoyens et pensée sur base d'une croissance qualitative plutôt que quantitative. Revoir le mode de fonctionnement de notre société est un must et des solutions comme l’Allocation Universelle en est une des facettes.

 

L’autre aspect est le protectionnisme. Je me souviens dans les années où je fréquentais les auditoires de l’UCL (encore à Leuven) avoir étudié des mécanismes comme celui de la «clause de la nation la plus favorisée » où chaque pays se protégeait. Cette politique n’est plus tellement obsolète aujourd’hui alors que non seulement les idées de Marine Le Pen mais aussi de Nicolas Dupont-Aignan et d’autres la proposent aujourd’hui.

 

Sans aller jusqu’à l’extrême, il me semble au moins que la protection des domaines sensibles s’impose. Prenons l’exemple de la sidérurgie, il y a au moins trois bonnes raisons pour la protéger.

 

1. Vu sa structure utilisant un grand nombre d’ouvriers, sa disparition génère un nombre énorme de sans-emplois.

2. Le marché de l’acier semble aujourd’hui saturé. Mais est-ce structurel ou cyclique et si la demande revenait après la disparition de cette industrie chez nous, nous aurions perdu notre know-how dans ce domaine et nous devrions repartir à zéro.

3. La troisième raison n’est pas spécifiquement belge dans cet exemple. Mais pour un pays aux abois et peut-être belliqueux, la disparition de ressources stratégiques comme l’acier laisserait ce pays démuni face à l’adversaire.

 

Alors protection ou non ? Au  niveau d’une Europe de plus en plus fédérale et ultra-libérale, j’en doute, parce que les intérêts à protéger sont purement locaux.