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Travail et Capitalisme
 
La valeur d’un bien ne correspond plus au travail qui y est intégré
Pour les anciens théoriciens du socialisme, le travail était essentiellement lié à la création d’un bien physique  (pour Marx la valeur d’un bien équivaut au nombre d’heures passées pour le produire). En effet, jusqu’au 19ème siècle, les moyens de production restaient manuels. Avec la révolution industrielle Marx multiplie les essais malhabiles pour garder cette équivalence. A partir du 20ème siècle, la technologie évolue dans de telles proportions que dans un bien produit la part de travail humain diminue et continuera de décroître. Cette part de travail est devenue diffuse et anonyme; la relation à cette référence passée n’a plus cours.
Dans le modèle économique actuel, la relation au bien physique a complètement changé, à cause de la mécanisation, de la mondialisation et du type de travail : l’agent de voyage, le banquier, le commercial ne produisent rien de physique.
 
La destruction créatrice
Ce phénomène observé par Schumpeter explique le peu d’importance à attribuer dans le long terme au travail incorporé. Ce qui fut hier un chef d’œuvre de technologie est aujourd’hui obsolète, détruit et remplacé par autre chose. ( par exemple, la disparition des charbonnages wallons). L’évolution rapide des technologies récentes accélère encore ce processus.
 
La lutte des classes
La lutte des classes est devenue un combat d’arrière garde. L’idée est entretenue par la confusion : l’avancée sociale serait le seul fait d’une lutte agressive et tout ce qui ne vient pas de là est contestable. C’est le cas de la création en octobre 1945 de la sécurité sociale par de Gaulle, mise en cause par les syndicats car cela n’est pas le résultat d’une lutte.
 
D’autre part, la société se nivelle et s’émancipe. Un grand nombre de personnes a accès aux études, utilise des cartes de banque, voyage. Tous nous sommes capitalistes par le jeu de comptes bancaires, sicav ou fonds de pension. Sauf les irréductibles, tous nous sommes travailleurs potentiels et sommes désireux de travailler. Les classes se diluent aujourd’hui dans des fonctions hybrides. Le type de statut, séquelle de l’histoire, n’a plus de sens si ce n’est l’arrimage à des ancestraux droits acquis (conflit de la Brink’s, commission paritaire de Carrefour). Tous aussi nous sommes menacés par la précarité due à la crise ou l’accident de parcours.
 
Il serait tellement simple d’uniformiser ces statuts en rangeant aux oubliettes les sacro saints avantages acquis et en mettant à plat toute la systématique. Mais c’est sans compter sur la raideur de la relation sociale, la règle de l’acquis, le droit de grève exorbitant. Je relève parmi les commentaires de LLB
 
exclu dit le 11/11/2010, 13:44
Personne ne semble se poser la question à savoir pourquoi Brink's veut changer le statut de ses employés en celui d'ouvrier et le problème est là ! Le système social belge dans son dirigisme en est arrivé à faire des discriminations entre ouvriers et employés. D'un côté un statut ouvrier flexible, mais datant d'une époque où l'ouvrier changeait d'emploi et d'employeur au gré de la disponibilité du travail et des saisons. D'autre part un statut pour l'employé plus sédentaire qui au fil du temps est devenu d'une rigidité excessive. Nous payons donc les conséquences de la combinaison d'un Etat qui veut légiférer en tout et du résultat de revendications syndicales qui ont paralysé le système. Et je ne parle pas du statut des fonctionnaires ! Un seul statut pour tous serait la solution...avec moins d'Etat.
 
L’évolution du capitalisme
La perspective de détruire le capitalisme est appréhendée de manière plus paisible par Schumpeter qui constate que les intellectuels eux-mêmes réagissent contre ses excès et l’assortissent progressivement de règles sociales. Le dernier G20, encore timide, s’inscrit dans cette volonté de régulation mondiale.
Au niveau national, l’Etat devra penser autrement qu’en terme de pib ou de compétitivité et pondérer en fonction de l’utilité sociale. Il devrait garantir la qualité de vie par des moyens plus clairs et systématiques tels que l’Allocation Universelle qui permettrait aussi d’accepter l’inévitable versatilité de l’emploi.