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                        Plaidoyer pour l’Allocation Universelle

 
Le principe

 

L’allocation universelle consiste à attribuer à chaque citoyen, quelles que soient ses autres ressources, un revenu mensuel inconditionnel lequel vient s’ajouter aux autres revenus éventuels dont il bénéficie.
 
Le but premier est d’assurer un minimum vital à toute personne en remplaçant les nombreux types de subsides sociaux, lourds et discriminatoires par un revenu inconditionnel plus sécurisant, applicable à tous.
 
L’aspect social
 
L’objectif social qui consiste à ne laisser personne sans ressource est couvert : le simple fait de sa citoyenneté fait du citoyen un bénéficiaire déchargé de toute justification, situation qui aujourd’hui pénalise des personnes n’étant pas informées de leurs droits ou marginalisées.
 
En découle une simplification extraordinaire de l’administration sociale, la seule fonction consistant à gérer le différentiel entre l’allocation actuelle et l’AU lorsque cette dernière est défavorable à l’intéressé.
 
Le point de vue du demandeur
 
L’économie en est dopée par un effet mobilisateur des travailleurs potentiels.
Avec beaucoup d’empathie pour les demandeurs essayons de concevoir leur état d’esprit face à un travail qui leur est offert et la balance entre l’indemnité de chômage et le travail proposé, entre le désir de se lancer et la crainte de l’échec, surtout lorsqu’il s’agit d’une activité indépendante, entre l’inactivité prolongée et la crainte de « perdre la main ».
 
La description de la trappe au chômage est particulièrement bien synthétisée dans l’exposé du professeur Ph Vanparijs en ce qui concerne la trappe du chômage :
Les quatre dimensions de la trappe du chômage
La trappe — ou le piège — du chômage est un mécanisme multidimensionnel qui maintient les bénéficiaires d’allocations — les allocations de chômage ou d'inaptitude au travail, le RMI — dans une situation d’exclusion de toute activité rémunérée déclarée.
 
Le premier aspect de cette trappe — auquel celle-ci est souvent intégralement réduite — consiste en un différentiel de revenu net insuffisant, parfois même nul ou négatif (compte tenu des frais supplémentaires de garde d’enfants, de transport, de vêtements, etc. qu'engendre l'obtention d'un emploi), entre la situation où on effectuerait le travail rémunéré que l'on est susceptible de trouver et la situation de chômage indemnisé.
Lorsque ce différentiel est faible, on peut généralement s'attendre à ce que l'incitation à chercher et accepter du travail soit tout aussi faible. A strictement parler, il ne s'agit certes à ce stade que de chômage "volontaire": le travail disponible n'est pas suffisamment attrayant par rapport au non–travail. Mais il importe de voir que, comme la situation matérielle des chômeurs concernés est déjà souvent fort pénible, il y a bien des cas dans lesquels accepter un travail ne serait pas seulement absurde, mais simplement une option qu'ils ne peuvent pas se permettre.
(…)
 
Dans un système d’allocation universelle, le versement régulier et sûr de l’allocation ne s’interrompt pas lorsqu’on accepte un travail, comme c’est le cas dans un système standard avec contrôle des ressources. Comparé à des systèmes avec contrôle des ressources garantissant le même montant de revenu minimum, cela ouvre de réelles perspectives pour des pauvres, qui ont de bonnes raisons de ne pas prendre de risques. Cela revient à supprimer un des aspects de cette ornière du chômage, qui est le corrélat ordinaire des systèmes classiques d’allocations, un aspect auquel les travailleurs sociaux sont souvent bien plus sensibles que les économistes.
Puisque vous pouvez conserver le montant total de votre allocation universelle, que vous travailliez ou non, que vous soyez riche ou pauvre, votre situation s’améliore nécessairement lorsque vous travaillez
 
 
Au point de vue de l’économie et de la mondialisation
 
Alors qu’un grand pas pourrait être fait par les organismes en charge dans la mise en relation de l’offre et de la demande d’emploi, il est illusoire de réaliser une relation complète entre les deux, à cause du coût de la formation et de la prévision des besoins à terme qui restera aléatoire, compte tenu des avancées technologiques. Il faut s’accommoder d’un certain niveau de chômage structurel et le gérer.
 
D’autre part, à cause des charges élevées sur le travail, la mondialisation implique que le type d’activité qui restera disponible dans nos pays sera d’une autre nature que celle que nous connaissions. La mondialisation est-elle condamnable ? Non, selon Comte Sponville, ce type de travail que nous perdons va bénéficier à d’autres dans le monde. C’est donc socialement positif mais cela implique des réformes dans notre structure économique et sociale.
 
 
Au point de vue de l’éthique
 
il est clair que l’AU subira une salve de critiques de tous ordres, éthiques parce ce système ne prévoit pas de réciprocité à la dotation, financière en ce qui concerne son coût, technique en ce qui concerne ce qu’elle remplace, de principe de la part des sceptiques
 
Une justification philosophique trouvée sur Wikipédia est intéressante
 
On a souvent justifié l'allocation universelle comme contrepartie à la propriété privée de la terre. Le philosophe anglais John Locke justifiait en effet l'appropriation de biens communs (comme la terre) et donc le droit de propriété en déclarant, entre autres, que seul un propriétaire privé aurait intérêt à la mettre en valeur, puisque selon Locke, le droit de propriété s'applique uniquement au produit de son travail. Cependant, privatiser une terre implique d'exclure les autres êtres humains de l'accès aux ressources naturelles, si bien que, selon la « clause lockéenne », la justice commande d'indemniser les gens pour la perte de leur droit à se livrer à des activités » d’exploitation des ressources naturelles communes.