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Glossaire personnel
 
Quelques humeurs à propos de termes généralement rencontrés et l’image qu’ils m’évoquent
 
Avantages acquis
 
Lors d’une conférence où participait, jadis, Roland Leuschel (Chief Economist de la BBL), j’ai retenu une phrase, reflet de ses racines allemandes « j’entends que les Belges ont des Avantages Acquis. Pour moi, il n’existe qu’un fait acquis, c’est qu’il faut mourir un jour ». Dans la défense de ces privilèges anciens, j’ai aussi entendu un gréviste justifier son combat par ces mots « si notre prime est modifiée, je ne pourrai plus partir en vacances aussi loin ». Hier, à quelques kms de là, un sdf mourait de froid. 
La société évolue nécessairement : les privilèges différentiels vont rendre difficile la concertation sociale (Brink’s, Carrefour). La réussite sera dans la souplesse à s’adapter, à réinitialiser les conditions sociales. Ce sera sans doute, contraint et forcé que l’on verra cette harmonisation : lockout, destruction d’emplois et réembauche ailleurs aux conditions du marché. Mais un peu de jugeote faciliterait les choses. : « Ce qu'il faut pour que l'ordre social règne, c'est que la généralité des hommes se contentent de leur sort. Mais ce qu'il faut pour qu'ils s'en contentent, ce n'est pas qu'ils aient plus ou moins, c'est qu'ils soient convaincus qu'ils n'ont pas le droit d'avoir plus. Et pour cela, il faut de toute nécessité qu'il y ait une autorité dont ils connaissent la supériorité, et qui dise le droit. Car jamais l'individu abandonné à la seule pression de ses besoins n'admettra qu'il est arrivé à la limite extrême de ses droits » Emile Durkheim 1858.
 
Egalité
 
C’est l’une des trois maximes de la Révolution Française, mais il ne faut pas confondre égalité et uniformité. « L'égalitarisme a trouvé sa forme extrême dans les régimes communistes totalitaires du XXe siècle. L'individualisme était rejeté au profit d'une uniformisation du traitement. Cet égalitarisme peut aller jusqu'au refus de l'altérité, de la différence, de la complexité de la vie, et devenir une atteinte à la liberté en empêchant l'homme de s'élever et en allant à l'encontre de ses aspirations naturelles, l'individualisme en particulier » Pierre Tourev.  
« La liberté ne peut être limitée qu'au nom de la liberté. » Rawls
La dérive égalitaire, on la retrouve dans des poussées doctrinaires comme le fait de vouloir la suppression des 1eres  classes dans les transports en commun (celles où des navetteurs peuvent bosser à l’aise avant ou après leur assemblée), dans la mixité sociale à tout prix imposée à l’enseignement au lieu de laisser à l’unité éducative et aux parents la liberté des choix.
 
Lutte des classes
 
En 2002, la TV relayait un discours que portait un leader politique belge en appui à Lionel Jospin, on y entendait déclarer « la France comme la Belgique a la droite la plus haïssable ». Le Manifeste du PS, la charte de Quaregnon restent des livres de chevet qui prônent cette lutte des classes à côté d’idées tout à fait respectables. Comment, imprégné de cette mentalité, peut-on aujourd’hui envisager de réconcilier les composantes variées d’un pays ? Le libéralisme est social, le socialisme utilise les outils du capitalisme, le monde se remodèle, devient plus complexe et la vérité ne se trouve pas à l’intérieur de théories élimées d’un autre age. Pouvoir les remettre sur le métier demande du courage et une liberté que les partis ne tolèrent pas toujours (Youri Afanassief).
 
Télétravail Téléconférence
 
Courteline, comme le veau d’or est toujours vivant. Les procédures, les documents restent parfois aussi « ronddecuiresques », voyez la rondeur grassouillette des dossiers judiciaires et administratifs à l’époque du terabyte et des outils de communication.
Dans l’entreprise et l’administration un progrès salutaire est à trouver dans le télétravail. Il se heurte encore à l’inertie des acteurs industriels et sociaux pour réformer les principes, les procédures en cours, le concept des heures prestées, des heures supp etc. Or c’est la solution pour réduire les transports, favoriser l’économie d’énergie, éviter la pollution. Mais il faut imaginer des conventions sociales cadrant ce TT et adapter les mentalités, la route reste longue.
 
Wallonie
 
Aujourd’hui, alors que l’attention se porte sur le destin wallon, on doit appréhender trois choix potentiels : un état fédéral revu qui abandonnera plus d’autonomie aux régions, une indépendance totale, une intégration dans une autre communauté à définir. Dans chacun de ces cas, le peuple encore apathique aujourd’hui, doit s’exprimer, les politiques devront nécessairement s’accorder, des partis wallons aux penseurs isolés.
Mais les idées sont disparates, les groupes think tank sont dispersés, les projets sont abstraits ou inachevés hors le livre jaune de JC Van Cauwenberghe et le projet de Daniel Ducarme (Qui prolongera son analyse exceptionnelle et le combat qu’il a menés ?).
Au-delà du « que voulons-nous encore faire ensemble » de Didier Reynders, espérons enfin une réflexion populaire et politique « inter partis » pour rénover la Wallonie et ses institutions et lui dessiner un avenir plus cohérent.