articledec

Travail,  PIB et Décroissance
 
Décroissance, développement durable, valeur travail, PIB. Mélangés, tous ces concepts deviennent aujourd’hui bien ténébreux.
 
Essayons de glaner quelques idées relatives à ces notions
 
En ce qui concerne la valeur du travail, dans un ouvrage déjà ancien, Albert Jacquard écrivait « Bientôt il n’y aura plus de travail. Tant mieux, on pourra faire autre chose… ce n’est pas le travail qu’il faut réhabiliter, mais les activités qui contribuent à produire ce qui est nécessaire ou utile aux hommes. Cette activité productrice peut prendre les formes les plus diverses, d’où la nécessité d’échanges qui impliquent des biens sans commune mesure».
 
 Paul Aries orateur fougueux veut effacer le travail « labeur » et permettre autre chose que le travail : il a été chiffré que l’on pourrait donner à chacun l’équivalent du smig et ainsi permettre un revenu garanti, le choix politique devrait être d’instaurer le revenu garanti couplé au revenu maximal autorisé.
 
 
Pour Yves Cochet dans l’apologie de la décroissance, « On n'a pas à choisir si l'on est pour ou contre la décroissance, elle est inéluctable, elle arrivera qu'on le veuille ou non ». 20 % des peuples s’accaparent 80 % des ressources[mondiales et si l’on voulait un développement durable étendu à tous, il faudrait deux autres planètes.
Serge Latouche : dans le « Pari de la décroissance » indique qu’une croissance infinie dans un monde fini n’est pas possible et il faut remplacer cette croissance par d’autres valeurs (familiales etc.). La croissance est utilisée de manière absolue alors qu’à partir d’un certain niveau, cela n’a plus de sens.
Ce philosophe imagine la promotion de l’industrie locale, voire d’une monnaie locale jetant le haro sur le transport, activité néfaste
Si l’on invite à ne pas consommer de produits exotiques parce qu’ils utilisent du transport, préférons néanmoins une mangue transportée par solar impulse, un voilier ou l’énergie solaire à la pomme locale amenée à destination par un camion polluant.
Comment résoudre le financement de cette décroissance, Latouche ébauche des idées qui me paraissent déraisonnables, ne va-t-il pas jusqu’à proposer des monnaies locales (bonsoir l’Euro)
Le gratuit doit remplacer le marché   
Comment alors financer l’Etat si disparaît l’assiette fiscale, base de la TVA ? l'Etat, premier pourvoyeur de qualité de vie (hôpitaux, écoles et toute sa fonction régalienne)
Nadine Gouzée, Economiste, adopte une position plus réfléchie « une attitude plus critique, plus sélective à l’égard "des" diverses croissances des différentes activités économiques, serait donc bien plus responsable. Cette attitude sélective ferait-elle plaisir aux partisans de "la" décroissance ? Non, car la décroissance est, elle aussi, une ultrasolution, contestant, bien entendu, farouchement "la" croissance sous toutes ses formes. »
 
Jean Chaussade  ( dans le Monde) réplique à Y. Crochet « La seule solution, la solution raisonnable est dans la croissance maîtrisée ou, comme on dit maintenant, la croissance durable, celle qui crée les conditions de sa propre perpétuation. Ce qui implique qu'elle soit associée étroitement à la notion de qualité : qualité des services publics, qualité de l'environnement, qualité de l'alimentation, qualité de l'eau, qualité du travail, qualité de la santé, qualité des logements, etc.   
On ne le dira jamais assez, le monde a besoin de croissance qualitative. Pas d'une croissance feu follet comme on l'a connue ces dernières décennies, mais d'une croissance contrôlée, apprivoisée, d'une croissance qui rétablisse un certain équilibre entre ceux qui ont trop et ceux qui n'ont pas suffisamment ».
 
Conclusions
Quelques pièces de ce puzzle sont claires :
Je reste conforté dans la solution déjà exposée de l’Allocation Universelle, pleinement souhaitée par Paul Aries, qui permet ce revenu garanti (voir la Page Blanche) et tout ce qui en découle en ce qui concerne la qualité de vie.
Techniquement, il y a des pistes évidentes : la généralisation du télétravail, le véhicule électrique (en évacuant les considérations souvent orientées et simplistes), la batterie capacitaire, les énergies naturelles comme la géothermie.
Le travail utile c’est aujourd’hui la recherche de ces solutions écologiques.
Il faut surtout imaginer une autre gouvernance concertée à un niveau international pour permettre cette conversion.
Aries l’a dit: ce système basé sur le « travail labeur », stakhanoviste n’a que quelques siècles d’age et peut évoluer. Mais l’inertie au changement constitue la grande muraille.