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L’avenir de la Belgique
 
Il y un mois, nous assistions aux funérailles de Daniel Ducarme, l’un des fondateurs du MR. Ses funérailles ont été grandioses, la cérémonie fut émouvante, rehaussée par la présence du représentant du roi, des honneurs de l’armée, des drapeaux belges et de la Brabançonne. Ministre d’état il a porté très haut le flambeau de la Belgique en différentes circonstances.
 
Mais il s’était aussi impliqué dans le débat communautaire et avait imaginé des solutions novatrices si la coexistence des régions devenait insoutenable, celle d’une autonomie assortie d’un adossement avec la France pour des domaines bien particuliers.
 
Dans tous les partis des voix se sont fait entendre : MM Gendebien dont c’est le combat de base, Eerdekens, Etienne, Van Cauwenberghe qui déclarait accepter d’«intégrer le cercle des petits états européens »
 
En sourdine au début, plus nettement aujourd’hui, le doute s’est installé. Il faut dire que depuis le « Walen Buiten » de l’UCL, le climat s’est tendu peu à peu et à force de révisions successives, les emplâtres institutionnelles créent un ensemble assez disparate.
 
Pourtant et au-delà de problèmes gigantesques comme la répartition de la dette publique, nos particularismes, notre sécurité sociale, notre règlementation qui n’est pas la mêmes que celles des voisins, pour beaucoup, la Belgique représente encore un caractère sacré, à cause du chemin qui a été fait ensemble, de l’aura internationale que représente BXL capital de l’Europe, nos hommes d’Etat et leur résonance mondiale, nos figures de proue : Brel, Bury et tant d’autres.
 
Le sentiment patriotique reste présent : lors de l’enterrement de Daniel Ducarme, l’hymne national nous encore fait frémir. Beaucoup sont morts pour la cause nationale. Mais ceux qui se sont battus et ont subi les camps de concentration, l’ont-ils accepté pour cette entité Belgique ou pour une cause plus abstraite : celle de la liberté d’une communauté dont le nom et le territoire doivent encore être redéfinis.
 
Bref aujourd’hui que la situation est si incertaine, qu’est-ce qui justifie la pérennité de la Belgique : est-ce de l’inertie timorée ou la croyance en une valeur mystique. En tous cas le volcan est entré en éruption : il convient d’en rechercher la cause et face aux alternatives, les citoyens doivent décider et choisir leur destin. Celui d'un fédéralisme rénové ? Celui d’envisager la séparation à la manière de P.H. Gendebien, de Daniel Ducarme ou de Van Cauwenberghe ? Oui les conséquences seront lourdes à supporter. Mais en considérant que cette solution est inéluctable, même si on peut la différer, je crois qu’il faut le courage de l’aborder et de conclure maintenant. Même si le chemin sera dur.
 
Le bon sens suggére maintenant de transformer les prochaines élections en un référendum dont les questions seront sans équivoque et exhaustives, d’instaurer une instance pour étudier toutes les solutions, d’inviter la communauté internationale à considérer l’hypothèse à tous les niveaux ( frontières et l’aspect juridique ).